Grippe aviaire : nouveaux cas suspects en Thaïlande, situation peut-être plus grave en Chine

Bangkok (Thaïlande), 30 janvier 2004 – Le bilan de la grippe aviaire, qui atteint dix morts, pourrait s’alourdir après l’annonce par la Thaïlande de quatre nouveaux cas suspects et l’évocation par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’un phénomène plus vaste en Chine que ce qui été admis par Pékin.

Les médias officiels chinois ont annoncé vendredi que trois nouvelles régions chinoises étaient officiellement touchées par la grippe aviaire, ce qui porte à six le nombre des régions de Chine atteintes jusqu’à présent.

Le gouvernement de Hong Kong a annoncé qu’il avait été informé de cette extension par les autorités de Pékin. Il a réagi en étendant à l’ensemble des importations chinoises l’interdiction qu’il avait auparavant instauré sur les importations venant de trois provinces.

« Nous avons reçu des autorités (chinoises) une notification de l’évolution de l’épidémie, et nous avons décidé que tous les oiseaux vivants, dont les poulets, les canards, les oies, les oiseaux d’agrément et les poussins, et toutes les viandes de volaille ne seraient plus autorisés à l’importation vers Hong Kong, avec effet immédiat », a déclaré un porte-parole du gouvernement.

Au Vietnam, le gouvernement a ordonné l’abattage de tous les poulets de Hanoï, la capitale, alors que des foyers de grippe aviaire étaient détectés dans trois nouvelles provinces du pays.

En Thaïlande, l’abattage des oiseaux a commencé sur le plus grand marché de Bangkok avec la destruction de 300 animaux, deux jours après la découverte de virus de la grippe aviaire dans ce district de la capitale.

L’Indonésie, pour sa part, semblait peu disposée à appliquer une politique d’abattage massif, préférant tuer « sélectivement les poulets qui nécessitent une élimination immédiate », selon un porte-parole du ministère indonésien de l’Agriculture.

Le porte-parole de l’OMS pour l’Asie, Peter Cordingley, a estimé que les décisions de l’Indonésie allaient dans le bon sens, mais que ce pays devait suivre les recommandations internationales.

Selon un porte-parole de l’OMS à Genève, l’actuel virus de la grippe aviaire est peut-être en circulation depuis avril 2003, c’est-à-dire depuis beaucoup plus longtemps que ce que pensaient les experts.

La Thaïlande a annoncé quatre nouveaux cas suspects, dont une personne déjà décédée, ce qui porte à douze le nombre de cas dans ce pays. Deux garçons de six ans ont succombé et un troisième enfant porteur du virus, âgé de sept ans, était dans un état critique.

La grippe a jusqu’à présent fait dix morts de manière certaine: les deux garçons thaïlandais et huit personnes au Vietnam.

Bangkok a de plus signalé pour la première fois la présence du virus dans le Sud touristique de la Thaïlande.

La compagnie aérienne thaïlandaise Thai Airways a annoncé vendredi qu’elle avait supprimé le poulet des menus sur tous ses vols.

En Chine, l’ampleur de la maladie pourrait être plus vaste que celle jusqu’à présent admise par les autorités. « Il y a peut-être des foyers dont l’existence n’a pas été rapportée », a déclaré le porte-parole de l’OMS à Pékin, Roy Wadia.

« Si ce sont de petits foyers, il est tout à fait possible qu’ils n’aient pas été identifiés. Mais cela pourrait entraîner une propagation plus rapide du virus », a-t-il ajouté.

Taïwan a renforcé les inspections des élevages avicoles tout comme les restrictions aux importations. Le contrôle des températures a de plus été instauré dans les écoles du pays. Une dizaine de milliers de canards et 36.000 poulets étaient en cours d’abattage vendredi, en plus des quelque 55.000 bêtes déjà tuées, selon les autorités.

Taïwan avait annoncé jeudi la découverte de quatre nouveaux foyers, contaminés par le virus H5N2, moins virulent que le H5N1, qui a fait dix morts au Vietnam et en Thaïlande.

Hong Kong a fermé ses volières publiques et sa réserve d’oiseaux sauvages de peur que les visiteurs ne soient contaminés. Six personnes étaient déjà mortes en 1997 dans l’ancienne colonie britannique lors d’une précédente vague de grippe aviaire. Les experts craignent que la maladie ne se transmette par les oiseaux migrateurs et sauvages.

L’industrie du tourisme semble pour l’instant bien résister à l’épidémie, ont indiqué des experts de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), réunis pour une semaine au Laos.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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