Grippe aviaire : un cas en Grande-Bretagne, la Croatie multiplie les mesures

Londres (Angleterre), 22 octobre 2005 – La Grande-Bretagne attendait le résultat de tests sur un perroquet importé d’Amérique du Sud atteint de la grippe aviaire, alors que les autorités croates ont multiplié les mesures pour prévenir la propagation du virus dont l’existence dans le pays a été confirmée la veille sur des échantillons prélevés sur douze cygnes retrouvés morts.

Le Royaume-Uni a officiellement enregistré son premier cas de grippe aviaire vendredi, le virus H5 ayant été identifié sur un perroquet importé d’Amérique du Sud et mort alors qu’il se trouvait encore en quarantaine.

« Il s’agit du virus H5, mais nous ne pouvons pas dire s’il s’agit du H5N1 ou d’une autre souche », a déclaré à l’AFP une porte-parole du ministère de l’Environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (Defra).

Les tests sont effectués sur le perroquet lui-même et sur les autres oiseaux gardés en quarantaine avec lui, a-t-elle précisé.

Tous les animaux gardés en quarantaine avec ce perroquet malade ont été abattus et les lieux ont été désinfectés, a précisé sur la BBC Debbie Reynolds, la conseillère en chef du gouvernement pour les affaires vétérinaires.

Le perroquet était arrivé à la mi-septembre du Surinam (Amérique du Sud) et avait été immédiatement placé en quarantaine, dans le cadre de la procédure normale visant les animaux importés au Royaume-Uni de pays hors Union européenne.

Aucun foyer de grippe aviaire du type H5N1 n’a été détecté jusqu’à ce jour dans le sous-continent américain, seul un cas peu virulent ayant été repéré et annoncé le 10 octobre en Colombie.

« Nous sommes en contact avec les autorités du Surinam pour les informer de ce cas et nous nous sommes en train d’enquêter pour savoir comment l’oiseau a pu attraper la maladie », a expliqué la porte-parole du ministère.

L’une des hypothèses est que le perroquet ait contracté la grippe aviaire pendant son séjour en quarantaine, sur le sol britannique. L’oiseau faisait en effet partie d’un groupe de perroquets et autres oiseaux arrivés le 16 septembre et placés à proximité d’autres oiseaux en provenance de Taïwan.

« Nous ne voulons pas faire de spéculation à ce stade. Des oiseaux de Taïwan étaient gardés dans les mêmes lieux en quarantaine. Mais à ce stade nous ne pouvons dire de façon sûre d’où la maladie vient », a ajouté la porte-parole du ministère.

En 1994, les autorités de Taïwan avaient dû abattre 467 000 oiseaux, surtout des poulets, victimes du virus H5N2 de la grippe aviaire, un virus moins virulent que le H5N1.

Jusqu’à vendredi soir, le seul pays européen officiellement touché par le virus H5N1 dans sa version asiatique restait la Roumanie. Ce virus a également été identifié en Turquie, mais dans la partie asiatique du pays.

De même le virus H5N1 a gagné la partie européenne de la Russie, dans la région de Toula, à 300 km au sud de Moscou. Des cas suspects ont également été repérés en Grèce, mais les tests n’ont pas encore permis de confirmer s’il s’agit bien ou non du H5N1.

Le virus H5 de la grippe aviaire a également été identifié vendredi en Croatie, sur des cygnes. A partir d’échantillons d’organes de six cygnes (ndlr, sur douze retrouvés morts) qui ont été envoyés le 19 octobre à Zagreb, on a isolé le virus, un sous-type H5 », a déclaré le ministre croate de l’Agriculture, Neven Ljubicic, au cours d’une conférence de presse.

« Toutes les volailles sur un rayon de trois kilomètres autour du lac où les cygnes porteurs du virus ont été trouvés vont être euthanasiées », a déclaré à la télévision nationale le porte-parole du ministère croate de l’Agriculture, Mladen Pavic.

Cette région a été isolée, a-t-il ajouté. M. Pavic s’exprimait depuis la ville de Orahovica (est) proche de Zdenci, où un « comité gouvernemental de crise » s’était réuni pour évaluer la situation avec les autorités locales.

« La source d’infection a été placée sous contrôle (…) et les gens ne sont absolument en danger », a affirmé M. Pavic. Il a précisé que, d’une manière générale, les volailles étaient élevées dans le pays sous un sévère contrôle vétérinaire.

Le ministère de l’Agriculture a également ordonné l’interdiction de la chasse aux oiseaux sauvages et demandé à la population de maintenir les volailles enfermées.

Aussi, les services vétérinaires ont reçu l’ordre de décompter et enregistrer toutes les volailles sur un rayon de 20 kilomètres autour de la région où les cygnes morts ont été identifiés.

Une vérification minutieuse et la désinfection de véhicules transportant notamment des animaux vivants, ont également été ordonnées.

Le ministre a affirmé qu’il ne pouvait pas confirmer si le virus était bien le dangereux H5N1 qui a tué plus de soixante personnes en Asie et qui a également été récemment dépisté en Roumanie et en Turquie.

Il a ajouté que les échantillons allaient également être envoyés pour contre-expertise à un laboratoire de l’Union européenne, à Weybridge, en Grande-Bretagne.

Il revient à ce laboratoire de préciser la nature du virus, a-t-il poursuivi. Un médecin croate, Vladimir Savic, a estimé que les résultats des tests réalisés à Weybridge pourraient être connus lundi.

Un expert croate des oiseaux migrateurs, Dragan Radovic, a estimé que les cygnes retrouvés morts en Croatie n’étaient pas venus de Roumanie, ni de Turquie, mais qu’ils pourraient venir « de n’importe quel endroit d’Europe, de la Grande-Bretagne en passant par l’Ukraine et jusqu’à la Russie occidentale ».

L’agence nationale Hina avait annoncé en début de soirée la découverte de douze cygnes morts sur un vivier de poissons à Zdenci.

Depuis deux ans, des dizaines de millions de volailles sont mortes ou ont été détruites en Asie à cause du virus H5N1 de la grippe aviaire et 118 personnes ont été infectées, dont plus de 60 sont décédées. Mais ce virus n’a pas encore muté pour se transmettre aisément entre les humains.

Source : AFP

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