Grippe aviaire: un virus menaçant mais qui touche encore peu l’Homme

Paris (France), 5 janvier 2006 – Le virus H5N1 de la grippe aviaire -invoqué dans la mort de deux adolescents en Turquie- se transmet rarement à l’Homme, dans des circonstances pour partie encore mystérieuses, même si l’on sait notamment que la consommation de viande correctement cuite n’est pas en cause dans les pays touchés.

D’après l’OMS, on n’a pas encore compris pourquoi certaines personnes sont infectées et pas d’autres alors que les conditions d’exposition au virus semblent similaires. L’hypothèse de l’existence de susceptibilité génétique prédisposant à la maladie a parfois été avancée, notamment pour le Vietnam, pays le plus touché (42 morts sur les 74 enregistrés dans le monde au 30 décembre 2005 par l’OMS), sans cependant être soutenue par des arguments scientifiques.

L’infection humaine résulte principalement d’un contact direct avec des volailles infectées ou des surfaces et des objets contaminés par leurs déjections, estiment les spécialistes.

La plupart des cas humains sont survenus dans les campagnes ou dans des zones périurbaines où de nombreuses familles élèvent quelques volailles qui pénètrent souvent dans les maisons ou vont là où jouent les enfants. De plus, pour de nombreuses familles d’Asie, les volailles sont une importante source de protéines et de revenus, aussi n’hésitent-elles pas à les abattre pour les manger ou les vendre quand celles-ci tombent malades.

Les personnes les plus exposées sont les éleveurs de volailles et leurs familles, et toute personne en contact direct avec ces volatiles et leurs fèces.

Le risque d’infection intervient surtout lors de l’abattage, du plumage (plumes souillées par des poussières de fientes), du dépeçage et de la préparation -avant cuisson- des volailles infectées.

Les victimes turques appartenaient pour leur part à une famille qui aurait eu des contacts intensifs avec des poulets malades, dans une localité où les gens vivent dans les mêmes espaces que poulets et canards.

Le risque de contamination par l’alimentation est en revanche nul si les aliments sont correctement cuits : le virus est détruit à la cuisson à partir de 70 degrés. Les jaunes d’oeufs ne doivent pas être liquides et la viande ne doit pas être rose.

Dans certains cas, la grippe aviaire a touché plusieurs membres d’une même famille, mais il est souvent impossible de déterminer s’il y a eu transmission interhumaine, car les membres de la famille sont en contact avec les mêmes animaux et exposés aux mêmes conditions environnementales.

Comparée aux autres infections grippales, celle du virus H5N1 présente une évolution clinique inhabituellement agressive (pneumonie, détresse respiratoire, diarrhée, encéphalite), avec une aggravation rapide de l’état du patient et un taux de mortalité élevé : plus de la moitié des sujets infectés par le virus sont décédés. La plupart des cas ont frappé des enfants et des jeunes adultes en bonne santé, selon l’OMS.

Cependant il n’est pas exclu que les cas de personnes infectées, avec peu ou pas de symptômes, soient plus nombreux que ceux officiellement recensés, ce qui abaisserait le taux de mortalité.

L’organisme humain n’aurait aucune défense immunitaire contre ce nouveau virus, inconnu de lui.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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