José Bové : « sortir l’alimentation de l’Organisation Mondiale du Commerce »

France, 4 juillet 2001 – « Nous demandons une réforme de la politique agricole; nous voulons sortir l’alimentation de l’Organisation Mondiale du Commerce » déclare José Bové. La Confédération Paysanne, deuxième syndicat agricole (27,05% aux dernières élections aux chambres d’agriculture) met la pression sur le Ministre de l’Agriculture Jean Glavany. Ce dernier était venu participer au treizième Congrès de l’organisation syndicale à Castres, les 27 et 28 juin dernier : « Nous l’avons interpellé de manière très concrète sur des questions d’engagement : soutenir les petites exploitations, les plus fragilisées par la politique agricole, mais surtout s’engager à moyen terme dans la réforme de la Politique Agricole Commune et dans les négociations de l’OMC qui s’ouvriront à Qatar en Novembre » explique José Bové, réélu à Castres pour un an comme porte-parole de la Confédération Paysanne.

Sur la question du soutien aux petites structures, Jean Glavany a rassuré les militants présents : les exploitations qui génèrent un chiffre d’affaires inférieur à 300 000 francs par an pourraient bénéficier d’un Contrat Territorial d’Exploitation (CTE), si Bruxelles en accepte le principe. Le CTE permettrait à ces micro structures de recevoir jusqu’à 15 000 francs d’aides par an. « Il faut remettre le paysan au centre de la politique agricole, donc arrêter la concentration des aides : aujourd’hui, 80% des aides vont à 20% des paysans », souligne José Bové.

Le chef de file de la Confédération Paysanne insiste sur la nécessité d’une réforme de la PAC, et bannit avant tout la surproduction. Il est selon lui urgent de « maîtriser les volumes et de répartir les droits à produire de manière à permettre à un maximum de paysans d’avoir un revenu ». Selon la Confédération paysanne, les subventions allouées par l’Union européenne doivent tenir compte de l’« écoconditionnalité : les paysans doivent recevoir des aides en fonction du respect de l’environnement dans leur mode de production ». Bové a par ailleurs demandé au Ministre que l’« accès à la terre soit simplifié ». « On ne doit pas obliger les paysans à acheter » a t’il ajouté. Concernant le financement des installations, il s’insurge : « les financements actuels incitent à produire toujours plus pour pouvoir rembourser les banques. Il faut développer les prêts de carrière remboursables en fin d’activité », préconise t’il.

José Bové ignore si ces doléances seront relayées par le Ministre français de l’agriculture lors des prochaines « réunions au sommet » : « Il va falloir attendre les prochaines échéances internationales pour savoir si la France a une véritable volonté politique de s’engager dans un autre sens que les Etats-unis et les grandes institutions, qui veulent élargir encore le champs de l’OMC ». Premiers éléments de réponse dans deux semaines à Gênes.

Source : Vincent Riou © digipresse 2001

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