Kamouraska : l’économie de proximité dans le même panier

Kamouraska (Québec), 14 mai 2009 – Et si on consacrait chez-nous 30% de notre budget d’épicerie à chaque semaine pour acheter des produits de notre région ?

C’est avec cet objectif ambitieux d’achat de proximité que s’amorce au Kamouraska un projet de mise en marché et de ventes directes (sans intermédiaires) des producteurs et entreprises locales. C’est l’amorce d’un nouveau canal de distribution de proximité « ouvert à l’année » basé sur le principe des circuits courts et qui fera concurrence aux dinosaures de la distribution alimentaire.

La petitesse et la volonté des citoyens solidaires seront ici un avantage stratégique.

Les chiffres parlent haut et fort pour le Kamouraska et le Québec
Avec 6325 familles et un budget d’épicerie variant entre 150 et 200 $ par semaine, 30% de cette dépense éventuellement canalisée vers « nous » représenterait une injection pour notre région de 300,000 $ par semaine ou 15 millions par année…et nous n’avons pas dépensé un cent de plus pour notre épicerie! Une décision de solidarité citoyenne et d’achat local qui aurait un impact immédiat sur notre économie. Faites l’exercice à l’échelle du Québec !

C’est impossible pour le moment puisque le réseau de distribution alimentaire en place est un réseau de gros dinosaures – condamnés à compétitionner entre eux – s’approvisionner en ”gros” avec des ”gros” à des prix incroyablement « bas » chez des fournisseurs venant souvent « d’ailleurs ». Aucune place ici pour favoriser la création de petites entreprises d’ici face à des géants en situation de monopole. Tu es « gros immédiatement » ou tu n’existes pas.

Ce n’est pas avec des faire semblants et une bonne Pub que nos gouvernements vont faire changer les choses!

Pour corriger cette distorsion, il faut favoriser l’émergence d’un nouveau réseau de distribution de proximité qui aurait un impact immédiat sur l’économie de toutes les régions et du Québec dans son entier. Un nouveau chantier économique qui fait dans la création d’emplois pour longtemps! Pas uniquement dans le béton.

L’économie de proximité est mûr! La preuve n’est plus à faire. Une partie importante des citoyens veulent acheter québécois et si possible directement sans faire un détour par Toronto ou le Mexique.

Pas d’argent frais
Le concept d’achat de proximité a des dimensions humaines mais également économiques : 30% de nos dépenses d’épicerie immédiatement redirigées vers des producteurs et entreprises du Québec représentent des sommes astronomiques. Des dollars existants pour réactiver l’économie du Québec… qui devraient faire saliver nos gouvernements.

Au Kamouraska nos paniers d’épicerie englobent même les produits non alimentaires. Un nouveau canal de distribution accessible, qui croyions-nous, ouvrira certainement la porte à la création de nouvelles petites entreprises.

Nous demandons aux gouvernements de s’impliquer.

Il est à notre avis utopique de laisser au seul ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation, le soin d’articuler un tel programme. Sa portée économique dépasse les intérêts de l’agriculture. Il n’y a pas que de la nourriture dans notre panier d’épicerie.

Recommandations aux gouvernements :

  • développer un chantier économique majeur à la hauteur des bénéfices escomptés;
  • concocter un programme mixe qui implique un « panier » de ministères;
  • ne pas faire de mur à mur, impliquez les intervenants locaux CLD et SADC;
  • garder le focus du programme sur le panier d’épicerie pour profiter RAPIDEMENT de retombées économiques régulières et très importantes;
  • accélérer la phase de démarrage des nouvelles entreprises de distribution de proximité avec des subventions structurées par étapes, pas des prêts;
  • penser à supporter l’apprentissage de la mise en marché directe pour les producteurs et entreprises;
  • supporter les entreprises dans la préparation des plans d’affaires;
  • préparez-vous pour le succès en mettant à contribution les CLD et SADC régionaux dans la préparation des étapes ultérieures de développement;
  • parallèlement au déploiement d’un programme axé vers l’économie de proximité, nous suggérons aux gouvernements de faire faire des études sur la nouvelle économie de proximité. Les grandes chaînes de distribution ne manqueront certainement pas l’occasion « d’investir » dans des recherches pour prouver exactement le contraire de nos prétentions;
  • faciliter l’organisation du transport de proximité (frais et congelé);
  • favoriser l’émergence rapide d’un groupe représentatif (association, fédération ou autres) des intérêts d’un nouveau réseau de distribution de proximité;
  • introduire un mécanisme de réajustement et d’évaluation critique annuelle pour éviter les déviations des objectifs du programme.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Association des Centres Locaux de Développement du Québec (ACLDQ)
http://www.acldq.qc.ca/

Réseau des SADC du Québec
http://www.reseau-sadc.qc.ca

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