La bête à l’origine de la vache folle serait née au Canada

Montréal (Québec), 8 octobre 2003 – De nouveaux tests génétiques sur une vache souffrant d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), qui avait été découverte dans l’Ouest canadien ce printemps, ont permis d’établir que la bête était bien née au Canada, a indiqué le gouvernement canadien.

« Nous pouvons maintenant dire que c’est le premier cas local de vache folle en Amérique du Nord », a déclaré à l’AFP le Dr George Luterbach, l’un des vétérinaires de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) qui a mené l’enquête.

L’agence avait signalé le 20 mai la découverte de l’ESB sur une vache de race Angus noire d’un troupeau de l’Alberta, abattue en janvier, mais qui avait été jugée trop malade pour être destinée à la consommation.

Mais à ce jour, « nous n’avions pas établi hors de tout doute la ferme d’origine », a rappelé le Dr Luterbach.

« Nous sommes maintenant en mesure de le faire, et de dire que l’animal est né au Canada » dans la province voisine de la Saskatchewan, a-t-il dit.

Ne disposant pas de registres complets qui auraient permis de retracer rapidement l’origine de l’animal, l’ACIA avait dans un premier temps réalisé des tests génétiques sur cette bête pour tenter d’établir sa lignée paternelle.

Ces tests n’avaient pas été concluants et l’ACIA avait dû se résoudre à abattre quelque 2.700 bêtes appartenant à des troupeaux ayant accueilli la vache folle à un moment ou l’autre de sa vie. Des échantillons d’ADN avaient été prélevés sur toutes ces bêtes.

Après avoir effectué sur la vache folle « de nouveaux prélèvements d’ADN, de meilleure qualité » que les premiers, les experts de l’agence sont retournés sur une ferme de Saskatchewan, dont ils étaient « sûrs à 90% » d’être le lieu de naissance de la bête.

« En analysant l’ADN d’un taureau et d’une vache sur cette ferme, nous avons pu identifier le père et la mère de la vache folle », a expliqué le Dr Luterbach.

L’animal est né en 1997, juste avant que le Canada et les Etats-Unis interdisent d’alimenter le bétail avec des protéines animales, ce qui renforce l’hypothèse que la maladie a été transmise par la nourriture, a-t-il ajouté.

Cette hypothèse ouvre également la porte à la possibilité de nouveaux cas en Amérique du Nord.

Un cas de bovin souffrant de l’ESB avait été découvert en 1993 au Canada, mais il n’avait pas causé le même émoi puisque l’animal était d’origine britannique.

Une trentaine de pays, dont les Etats-Unis, avaient décrété un embargo sur le boeuf canadien, que plusieurs ont levé partiellement depuis.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)
http://www.cfia-acia.agr.ca/

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