La CCB demande à Monsanto de stopper le processus d’autorisation du blé Roundup Ready

Winnipeg (Manitoba), 27 mai 2003 – La Commission canadienne du blé (CCB) a exprimé à Monsanto Canada qu’elle souhaitait voir suspendu le processus d’évaluation de sécurité environnementale de la variété de blé Roundup Ready®. Une demande de Monsanto à cet effet a effectivement été transmise il y a peu Monsanto à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (A.C.I.A.).

Dans un courrier du 21 mai adressé à Peter Turner, président de Monsanto Canada, la CCB, agence de commercialisation de grain que contrôlent les producteurs, détaille l’impact économique désastreux que l’homologation de cette variété de blé risque d’avoir sur le revenu des céréaliculteurs de l’Ouest canadien. « Le préjudice économique relativement à l’introduction de blé RRW prendrait plusieurs formes et notamment la perte de certains marchés à prime, des amendes pour livraisons rejetées par le client, une hausse sensible des frais d’entreposage à la ferme et de manutention du grain en général, » peut-on lire dans ce courrier. Ce courrier porte la signature de Ken Ritter, président du conseil d’administration à majorité composé de céréaliculteurs, et celle d’Adrian Measner, président-directeur général de la CCB.

« Monsanto nous avait dit qu’ils ne procéderaient pas à l’introduction de blé RRW à moins que celui-ci ne comporte des avantages tangibles pour le producteur, » faisait remarquer Ken Ritter. « Eh bien, fi de ces avantages! RRW ne comporte aucun avantage. C’est pourquoi nous demandons à Monsanto de ne pas mettre leurs propres intérêts au dessus de ceux de leurs clients, les producteurs de grain de l’Ouest canadien, et de ralentir le processus d’homologation du blé RRW, avant que les agriculteurs des Prairie s’en ressentent sérieusement au niveau de leurs revenus. »

« 80 pour 100 de nos clients nous ont fait part de leurs sérieuses réserves en matière de blés génétiquement modifiés, » confiait Adrian Measner. « Et pour nous, le client a toujours raison. Nous ne pouvons pas compromettre notre capacité à réaliser un maximum de profits pour le compte des céréaliculteurs de l’Ouest canadien en appuyant l’introduction d’une variété de blé dont nos clients ne veulent pas. »

La CCB demande en outre à Monsanto que lui soit confirmé avant le 27 juin 2003 le respect des termes de la demande de la CCB.

La CCB s’est déjà employée auprès du gouvernement fédéral en demandant que soit adoptée une législation en rapport avec les réalités des blés génétiquement modifiés et notamment que soit ajoutée aux évaluations en cours en matière d’alimentation humaine, animale et de respect de l’environnement une étude de stricte rentabilité du point de vue du producteur.

La CCB s’est résolue à cette mesure supplémentaire dans la mesure où cette variété RoundUp Ready risque fort d’être approuvée avant que soit modifiée la législation. « Dans les circonstances, du blé RRW risque bel et bien dès 2004 d’être disséminé sans restriction, » ajoutait Ken Ritter. « Nous devons faire vite; c’est pourquoi nous nous adressons à Monsanto directement. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé
http://www.cwb.ca/

Monsanto
http://www.monsanto.com/

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