La cécidomyie du chou-fleur dans le canola

La cécidomyie du chou-fleur a causé des maux de tête à bien des producteurs de canola la saison dernière.

Brian Hall, spécialiste de la culture des haricots comestibles et du canola au ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAARO) nous propose quelques stratégies pour mieux juguler la menace de cet insecte.

Semez le canola tôt!

Le canola semé à une date précoce est peu exposé aux dommages causés par la cécidomyie du chou-fleur parce que c’est au stade végétatif (de rosette) qu’il est le plus vulnérable.

Source: Susan Ellis, USDA APHIDS PPQ, Bugwood.org

Source: Susan Ellis, USDA APHIDS PPQ, Bugwood.org

Après leur hibernation, les populations de cécidomyies n’émergent généralement pas avant le milieu ou la fin du mois de mai. Au pic de leur première émergence, le canola semé en avril se trouve alors à la fin du stade de rosette ou au stade de la montée en graines et n’est pas très vulnérable.

Le canola semé tôt subit généralement moins de dommages que celui semé plus tard. Selon votre région, il peut être préférable de semer le canola en premier.

Choix du champ et rotation

La rotation est la stratégie de prévention de la cécidomyie la plus efficace. Cet insecte passe l’hiver dans les anciennes cultures de canola. Ne pas semer de canola près des champs où cette culture a été produite l’année précédente.

La cécidomyie du chou-fleur vole mal, de sorte que les populations ne migrent que vers les champs voisins ou sont transportées par le vent.

Quelle devrait être la distance entre les champs? Les données en provenance d’Europe suggèrent un minimum de 180 à 300 mètres. En l’absence de culture hôte, la femelle adulte ne trouve pas d’endroit pour pondre. Les adultes ne vivent qu’un à cinq jours.

Dans le nord de l’Ontario la saison dernière, les populations de cécidomyies du chou-fleur étaient nombreuses dans la plupart des régions productrices de canola, de sorte que l’isolement sera difficile.

En juillet dernier, à la Journée d’information au Centre de production de canola du Nord, Rebecca Hallett, PhD, de l’Université de Guelph, a suggéré que la meilleure façon de réduire les populations de cécidomyies de façon significative dans une région donnée était de ne pas cultiver de canola dans cette région pendant les trois ou quatre prochaines saisons.

La cécidomyie du chou-fleur peut survivre dans le sol au stade de pupe pendant au moins deux ans. Ainsi, une rotation de trois ou quatre ans sans canola dans une région donnée aurait pour effet de réduire les populations de façon significative (sans toutefois les éliminer) et permettrait de reprendre cette culture pendant au moins un ou deux ans sans risques importants.

Dépistage et traitements

Même là où on sème du canola à une date précoce, on doit assurer une surveillance des populations de cécidomyies et effectuer au besoin des traitements de protection à l’insecticide foliaire.

Bien entendu, on n’obtiendra pas de bons rendements de canola sans aussi suivre les règles de base sur l’ensemencement et la fertilisation ainsi que la prévention des altises et de la pourriture sclérotique.

La culture du canola contribue à « protéger » la rotation, elle permet de répartir la charge de travail, elle apporte une entrée d’argent en été, elle met à profit les éléments nutritifs du fumier et constitue une forme de lutte contre les mauvaises herbes. De plus, la plupart des années, la culture de canola permet l’ensemencement hâtif de blé d’automne.

Source : Bulletin Grandes Cultures – MAAARO

à propos de l'auteur

Articles récents de André Dumont

Commentaires