La déforestation, une menace pour le climat

Juruena (Brésil), 26 octobre 2001 – La déforestation des forêts tropicales -au premier chef l’Amazonie- libère chaque année dans l’atmosphère 1 à 2 milliard de tonnes de CO2 stocké dans le bois et les sols, soit 20% des émissions mondiales de ce gaz à effet de serre, selon les experts de l’ONU.

En trente ans, 14% de la forêt amazonienne brésilienne, la plus grande forêt tropicale humide et le premier réservoir mondial de biodiversité, ont disparu.

Le monde « perd » chaque année 4,2% de ses forêts naturelles du fait de l’exploitation du bois et de la conversion de forêts en terres agricoles, selon le dernier rapport de la FAO (Organisation mondiale des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) portant sur 1990-2000.

La planète a gagné sur la même période 1,8% de forêts par an par le biais de plantations et de terres agricoles retournées à l’état de forêt (en Europe et en Russie surtout). Mais il ne s’agit pas là de forêts « primaires », ces forêts anciennes qui abritent l’essentiel des animaux et des plantes de la planète.

Au Brésil, qui concentre la plus grande partie de la forêt amazonienne, la déforestation a d’abord été encouragée par l’Etat dans les années 50 et 60: il s’agissait alors de conquérir des terres vierges, dans un « front pionnier » symbolisé par la route « transamazonienne ».

Aujourd’hui, l’Etat brésilien tente d’endiguer la déforestation. Le code forestier prévoit qu’un propriétaire qui veut convertir des forêts en terres agricoles ne peut défricher que 20% de la parcelle.

Mais dans les faits, « les administrations n’ont pas les ressources suffisantes et une organisation assez efficace pour contrôler les centaines ou les milliers de propriétés et de concessions, sur des zones immenses souvent difficiles d’accès », souligne la FAO

« L’exploitant doit laisser une bande de forêt intacte de 50 mètres de part et d’autre des cours d’eau », explique Ambroise Graffin, qui conduit pour l’Office national des forêts français un projet de reboisement dans le Nord-ouest de l’Amazonie. Sur le terrain, la bande intacte se réduit souvent à une dizaine de mètres.

Les éleveurs brésiliens commencent par couper les arbres les plus interessants pour l’exploitation du bois, puis ils brûlent pour défricher avant d’installer d’immenses prairies d’élevage extensif, explique Ambroise Graffin.

Le volume de bois exploité commercialement est très faible -moins de 10% selon la FAO. La pratique du brûlis fait des dégâts considérables: en Amérique du sud, une zone comparable à la zone déforestée part chaque année en fumée du fait d’incendies non maîtrisés (3,5 millions d’hectares), soit une émission de 80 à 100 tonnes de carbone par hectare dans l’atmosphère.

Les écologistes de Greenpeace estiment que 80% du bois coupé au Brésil l’est illégalement, et luttent auprès des grandes sociétés forestières pour mettre fin aux achats de bois illégaux, aussi bien en Afrique qu’en Amérique latine.

Est-ce cette pression ou la prise de conscience du rôle des forêts dans le climat? Le rythme de déforestation a légèrement décru, de 9,2 millions d’hectares (net) par an dans les années 80 à 8,6 millions par an dans la décennie 90, selon la FAO.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

http://www.fao.org

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