La filière porcine se prépare à affronter la peste porcine africaine

Un plan d’action est en cours d’élaboration

L’assemblée générale de l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP) qui avait lieu du jeudi 10 octobre 2019 à Drummondville a accordé une large place à la peste porcine africaine (PPA). La maladie n’a pas atteint le Canada et l’industrie porcine ne le souhaite pas. Les risques sont cependant réels. La rencontre a fait une large place au sujet qui a aussi vu le président des Éleveurs de porcs du Québec être reconduit a la présidence de l’EQSP.

Portrait mondial

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C’est depuis l’arrivée de la PPA en Chine au printemps 2018 que cette maladie préoccupe beaucoup à l’international. Depuis un an, la maladie se propage dans de nombreux élevages d’Asie, a expliqué le coordinateur de l’EQSP, Martin Pelletier.

Plusieurs pays sont affectés, dont la Chine, la Mongolie, le Vietnam, le Cambodge, la Corée du Nord, le Laos, le Myanmar, les Philippines, la Corée du Sud, le Timor oriental et même la Thaïlande qui a fait de l’abattage préventif.

Cette situation préoccupe d’autant plus que 70% de la production porcine mondiale est localisée en Asie. En Chine, le porc représente 60% des viandes consommées.

Si Bob le producteur est infecté

De façon imagée, la spécialiste aux opérations à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Sophie Benoit, a expliqué ce qui arriverait si le producteur de porcs Bob était infecté.

Puisque la PPA est une maladie à déclaration obligatoire, l’ACIA prendrait le contrôle des opérations, ce qui peut être traumatisant pour un producteur. Des longs questionnaires, des équipes et des équipements qui débarquent à la ferme sont difficiles psychologiquement, mais sont essentiels.

La collaboration avec l’Agence est recommandée, ainsi que l’autodéclaration à l’EQSP. Celle-ci aidera le producteur dans les étapes à venir.

Plus le producteur et tous les intervenants de la filière porcine collaboreront, plus le retour à la normale sera rapide.

L’avantage du Canada

Le système de traçabilité du porc canadien, PorcTRACÉ, mis en place en 2014, sera d’une grande aide pour permettre de reprendre les exportations.

Ce système est unique au monde, a expliqué le directeur de PorcTRACÉ Canada, Jeff Clark. Ce dernier était très excité de montrer à la soixantaine de participants de l’assemblée comment le système informatique peut recouper les cheminements des porcs à l’intérieur de sept jours.

Le plan de l’EQSP

Alors que tous étaient d’avis que l’industrie porcine devrait vivre avec la diarrhée épidémique porcine, l’EQSP à démontré qu’il était possible de l’éradiquer. Martin Pelletier croit donc qu’il est possible de contrôler la situation, mais ça prend un plan de mesures d’urgence. C’est justement ce que son équipe est en train de faire.

Même si la déclaration à l’EQSP est volontaire, Martin Pelletier se dit confiant. «Ce qui m’encourage, c’est que dans les cas de la DEP et du DCVP (deltacoronavirus porcin), on les à tous eus», dit-il.

Dans ce plan, plusieurs équipes seront mises en place. «On va avoir besoin de vous tous. Ce n’est pas à trois qu’on va y arriver», a dit Martin Pelletier.

Le plan est en cours d’élaboration. Il reste des inconnus, dont le plus important : comment seront éliminés les animaux morts. Actuellement, le ministère de l’Environnement du Québec ne permet que l’enfouissement, mais les Américains songent au compostage.

Québec – Canada

La vétérinaire en chef du Québec, Hélène Trépanier, a présenté ce qui se fait au Québec et au Canada pour réduire les risques d’entrée de la maladie et ce qui arriverait en cas d’entrée. Elle a notamment expliqué qu’il y a actuellement un plan d’action pancanadien qui est en train de se mettre en place. En cas d’entrée, le souhait est de pouvoir reprendre les exportations le plus rapidement possible. Selon elle, la prévention et la biosécurité sont la base.

Dans le numéro de décembre, Le Bulletin des agriculteurs présentera plus en détails ce qui s’en vient dans ce dossier.

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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