La grippe aviaire fait un 11e mort en Thaïlande

Bangkok (Thaïlande), 4 octobre 2004 – La grippe aviaire a entraîné un onzième décès en Thaïlande, celui d’une petite fille de huit ans morte dans le nord du pays, ont annoncé des responsables du ministère de la Santé.

« Elle est tombée malade jeudi dernier, a été hospitalisée dimanche et est morte (hier) soir », a déclaré à la presse le ministre de la Santé Sudarat Keyuraphan.

Cette enfant de la province de Phetchabun est la 3e victime humaine du virus depuis l’apparition d’une deuxième vague de grippe aviaire dans le pays.

Une première vague de grippe dite « du poulet » avait fait huit morts en Thaïlande au début de l’année. Le virus avait fait sa réapparition en juillet.

Le Vietnam, seul autre pays à avoir enregistré des décès parmi plusieurs pays asiatiques ayant fait état de foyers de contamination, a déploré 19 morts depuis décembre 2003.

L’enfant, dont l’identité n’a pas été révélée, avait aidé sa grand-mère a plumer huit poulets appartenant au foyer et que cette dernière venait de tuer pour les cuisiner, a expliqué le ministère de la Santé dans un communiqué.

« Des amis avaient tenté de l’en dissuader », ajoute le communiqué, selon lequel un millier de poulets ont ensuite été abattus dans le village dimanche soir.

Des examens ont prouvé avec certitude que l’enfant était porteuse du virus H5N1. Des tests ont été rapidement menés sur ses proches, voisins et camarades de classe, a précisé Mme Sudarat.

Des poulets « ont commencé à mourir depuis le début du mois dernier » dans le village de l’enfant, à 330 km au nord de Bangkok, a ajouté le ministre.

La semaine dernière les autorités thaïlandaises avaient annoncé un cas « probable » de transmission interhumaine du virus à la suite de la mort d’une enfant puis de sa mère, une femme qui n’avait apparemment pas été en contact avec des poulets.

Mais les résultats de tests menés en Thaïlande et aux Etats-Unis, au Centre de recherches sur les maladies infectieuses (CDC) d’Atlanta, pour confirmer ou infirmer une telle éventualité n’étaient toujours pas connus.

Il n’a pas été possible de mener des tests complémentaires sur la dépouille de l’enfant, qui a été incinérée, et sa contamination par le virus de la grippe aviaire n’a pas été confirmée.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué qu’elle enquêtait sur ce cas « probable » de transmission humaine mais a estimé qu’il était trop tôt pour parler d’une mutation inquiétante du virus.

La Thaïlande a lancé vendredi dernier une « guerre contre la grippe aviaire » dont elle souhaite être débarrassée le 31 octobre, à l’aide de 900 000 volontaires allant de maisons en maisons vérifier l’état sanitaire des habitants et de la volaille, notamment dans les campagnes du pays et les quartiers pauvres de Bangkok.

Mais des foyers d’épizootie ont été découverts dans 35 des 76 provinces du royaume depuis le début de cette deuxième vague, selon les chiffres du gouvernement.

Plus de 60 millions de volailles ont été abattus au total dans le pays, dont l’industrie du poulet est sinistrée.

L’OMS comme le ministère de l’Agriculture ont déjà estimé que la date-butoir du 31 octobre ne pourrait pas être respectée.

Le Premier ministre Thaksin Shinawatra avait critiqué en septembre les ministères de la Santé et de l’Agriculture pour ne pas avoir réagi assez vite à cette deuxième vague d’épizootie.

Il avait aussi averti de sanctions à haut niveau, tandis que la presse faisait état de fortes divergences entre les deux ministères dans la gestion de cette nouvelle crise.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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