La grippe aviaire fait un deuxième mort au Cambodge

Phnom Penh (Cambodge), 24 mars 2005 – Le Cambodge, jusqu’à récemment presque miraculeusement épargné par la grippe aviaire qui tuait chez ses voisins vietnamiens et thaïlandais, a enregistré un deuxième décès dû au virus, a annoncé le ministre de la Santé.

Un homme de 28 ans est mort à Phnom Penh mardi. Il était originaire, comme la première victime, de la province méridionale de Kampot, proche du Vietnam.

« Les examens montrent que l’homme avait (le virus) H5, qui est dans le groupe de la grippe aviaire », a annoncé à l’AFP le ministre Nuth Sokhom, qui était en route pour la province de Kampot.

« Ca ne peut pas être autre chose que le virus H5N1 », a indiqué à l’AFP le directeur de l’Institut Pasteur de Phnom Penh, le Dr Jean-Louis Sarthou.

Les autorités sanitaires ignoraient si ce petit négociant qui voyageait souvent au Vietnam avait été ou non en contact avec certains des 630 poulets et canards qui sont morts dans les six villages de son district.

Selon des informations non confirmées, il aurait consommé de la viande de poulets malades.

Mercredi, une centaine de poulets a été abattue dans le même district, a déclaré à l’AFP Yim Voeunthan, secrétaire d’Etat à l’Agriculture, et « des villageois mangeaient des poulets morts même quand on leur a dit de ne pas le faire ».

Des tests réalisés sur huit des proches de la victime se sont tous révélés négatifs, a précisé le ministre de la Santé, de même que ceux effectués sur les personnels soignants ayant été en contact avec le malade.

Le 30 janvier, une femme de 25 ans de la province de Kampot était décédée dans un hôpital du delta du Mékong, dans le sud du Vietnam, deux jours après son hospitalisation.

La deuxième victime de la grippe aviaire était originaire d’un village situé à une vingtaine de km de celui de cette femme, a précisé le ministre.

Elle a été la première personne originaire du Cambodge à décéder de la grippe aviaire, qui a touché huit pays d’Asie mais n’avait fait des morts qu’au Vietnam (aujourd’hui 34) et en Thaïlande (12), en plusieurs vagues, depuis la fin 2003.

Auparavant, tous les cas suspects de contamination par le virus H5N1 l’an dernier au Cambodge, concentrés dans le grand Phnom Penh, avaient été négatifs.

L’institut Pasteur de Phnom Penh a envoyé jeudi une équipe d’épidémiologistes dans le village de la dernière victime.

« Le plus important est de s’assurer qu’il n’y a pas de cas de transmission interhumaine », a déclaré le Dr Sarthou. Il a ajouté qu’il n’existait pas actuellement au Cambodge de cas suspects de contamination.

« Vu que les frontières sont très perméables (avec le Vietnam) on pensait qu’il y ait des cas dans le bassin du Mékong (au Vietnam) et pas de notre côté ne pouvait pas durer longtemps », a ajouté le Dr Sarthou.

Des études vont être menées sur la séquence du virus pour voir si c’est le même virus que celui trouvé l’an dernier dans des élevages de poulets et s’assurer qu’il n’y a pas de début de mutation, a-t-il ajouté.

Sur le Cambodge « une bien meilleure surveillance s’est mise en place petit à petit », a estimé le Dr Sarthou. Ainsi, le dernier malade a été directement transporté à l’hôpital Calmette de Phnom Penh, devenu hôpital de référence pour la grippe aviaire.

« Dans toute la région de Kampot, les moindres dispensaires savent ce qu’ils ont à faire », dit-il, « il y a eu des missions vétérinaires, du ministère de la Santé ».

Lundi prochain, les instituts Pasteur de la région Asie-pacifique doivent se réunir à Phnom Penh pour mettre en place un meilleur réseau d’alerte avec notamment la mise en commun de leurs méthodes de diagnostic les plus récentes et la normalisation des techniques de surveillance.

Il s’agit, outre celui de Paris, des Instituts Pasteur de Phnom Penh, des trois du Vietnam (Hanoï, Ho Chi Minh-ville, Nha Trang), Shanghaï, Hong Kong, Séoul et Nouméa, qui permettent d’établir un maillage dans la région.

Source : AFP

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