La moitié des lacs du monde font face à d’importantes menaces

Ottawa (Ontario), 9 novembre 2001 – Plus de la moitié des cinq millions de lacs que compte la planète font face à d’importantes menaces écologiques, et certains d’entre eux se dégradent à un rythme accéléré, affirme un comité d’experts internationaux.

L’utilisation excessive de l’eau des lacs, imputable en particulier à l’irrigation des sols, mais également la pollution industrielle et agricole, de même que le déversement des eaux usées, constituent les principaux facteurs de détérioration des plans aquatiques, selon un rapport que doit rendre public, ce lundi, le Conseil mondial de l’eau (CME).

Les pressions auxquelles sont soumises les lacs et réservoirs augmentent à mesure que croît la population mondiale, qui devrait gonfler de près de deux milliards de personnes au cours des 25 prochaines années, indiquent les auteurs du document.

La crainte actuelle du terrorisme ne devrait pas pousser les gens à cesser de se préoccuper des ressources naturelles dont ils dépendent, estime le vice-président du CME, William Cosgrove. « Les êtres humains sont supposés être capables de raisonnement et de compréhension, du moins en théorie », a-t-il déclaré.

« Notre utilisation des ressources naturelles augmente à un rythme tel que cela ne peut pas continuer. Nous allons tuer l’environnement où nous puisons ces ressources, et nous avec lui », a ajouté M. Cosgrove.

La qualité de l’eau du lac Victoria, le plus important d’Afrique, « se dégrade à une vitesse incroyable », est-il écrit dans le rapport, selon lequel certaines espèces de poissons de ce lac ont carrément été éliminées.

Le lac Tchad, également en Afrique, a pour sa part enregistré une sérieuse baisse de niveau, tandis que plusieurs plans d’eau du bassin amazonien, en Amérique du Sud, ont été lourdement taxés par l’activité agricole.

Par ailleurs, pas moins de 534 lacs de Chine sont disparus, entre 1850 et 1980, leur eau ayant été détournée à des fins d’irrigation.

Dans les pays industriels, les lacs les plus menacés sont situés dans des secteurs où l’activité agricole est intensive, est-il également précisé dans le document, dont le dévoilement coïncide avec le début d’une conférence portant sur la gestion des lacs, à Shiga, au Japon.

Dans les Grands Lacs, la principale source de pollution sont les substances toxiques aéroportées ainsi que les engrais, pesticides et déchets d’origine animale entraînés par le lessivage des terres cultivées, a indiqué M. Cosgrove.

Source : PC

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