La sécheresse qui sévit dans les Prairies annonce un changement climatique

Edmonton (Alberta), 25 mars 2001 – Les Prairies viennent de vivre le sixième hiver le plus sec depuis 1948 et tout semble indiquer que le climat sera plus doux et plus sec au cours des prochaines années.

Il n’a pratiquement pas neigé au cours des derniers mois, de sorte que le niveau d’humidité des sols est moitié moindre que la normale. Et les pluies printanières n’y changeront pas grand-chose.

Du coup, certains plants pourraient bien n’atteindre que le stade de pousse, prédit Rob Paolo, météorologue au Centre de prévision climatique de Winnipeg.

Tout n’est pas si noir. Le Manitoba et l’est de la Saskatchewan ont eu droit à plus de neige, et même dans les régions les plus sèches, quelques bonnes averses au bon moment pourraient suffire à donner de bonnes récoltes.

Le Service météorologique du Canada prédit un printemps plus pluvieux que d’ordinaire – quoique, de son propre aveu, il s’agit au mieux d’une prévision aléatoire – et la Commission canadienne du blé entrevoit une récolte semblable à la moyenne des cinq dernières années.

Mais climatologues et agriculteurs finissent par accepter que le climat des Prairies se réchauffera et s’assèchera au cours des 20 années à venir. Et l’industrie agricole, qui a généré en 2000 des recettes de 14,8 milliards $ en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, devra s’y faire.

« Peut-être s’agit-il du commencement d’une période de sécheresse, avance Ted O’Brien, de l’Agence de réhabilitation des fermes des Prairies. Ce que nous devons faire maintenant, c’est de nous préparer en prévision de toute variation. »

Bien qu’une année ou deux ne suffisent pas à évaluer un changement climatique, Dan Kulak, du Service météorologique du Canada, soutient qu’une nette tendance se profile.

« On peut déceler cette tendance dans les températures. Elles vont s’élever et plus on monte vers le nord, plus elles s’élèveront. Mais, en même temps, à cause du réchauffement, l’humidité des sols pourrait s’atténuer parce qu’il y a beaucoup plus d’évaporation. »

Les pratiques agricoles ont déjà commencé à changer.

Certains ne laissent plus leurs terres en jachère, d’autres font des semences sans labour. Ce mode de culture, qui minimise le déplacement et l’assèchement du sol, est pratiqué sur quatre millions d’hectares.

Enfin, des producteurs se tournent vers des cultures adaptées aux climats plus chauds, telles les lentilles et les pois chiches.

Source : Presse Canadienne

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