L’agriculture française a souffert de la sécheresse en 2003, selon un rapport de l’INSEE

Paris (France), 17 décembre 2003 – La sécheresse a eu des conséquences néfastes sur l’agriculture française en 2003. Les aléas climatiques ont provoqué la chute des récoltes de céréales et de fruits, ainsi qu’une flambée de leurs prix, révèle l’Institut national de la statistique et des études économiques dans un rapport sur les comptes prévisionnels de l’agriculture pour 2003.

Selon l’INSEE, la valeur de la production décroît, la hausse des prix (+7,2%) ne compensant pas la baisse des quantités (-7,6%). La hausse des prix « s’observe surtout pour les productions végétales, dont la baisse des récoltes est particulièrement importante », alors qu’elle « est minime pour les productions animales dont le repli des volumes est nettement moindre », ajoute l’INSEE.

« Le prix des céréales augmentent fortement en raison de la faiblesse des quantités disponibles. Les rendements chutent pour toutes les cultures à cause du cumul du gel hivernal, de la sécheresse au printemps et de la canicule estivale », ajoute le rapport.

L’INSEE note par ailleurs qu’en 2003, « l’excédent du commerce extérieur en produits agro-alimentaires avoisinerait neuf milliards d’euros, soit 300 millions de plus qu’en 2002 ». « Cette progression est due à une croissance des exportations (+1,8%) supérieure à celle des importations (+1,1%) » et « provient surtout des produits agricoles bruts », explique l’institut.

Dans un communiqué, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes agriculteurs (JA) affirment que ces comptes « font apparaître une baisse de 13% du volume de la production agricole française », témoignant « de la gravité et de l’intensité des catastrophes climatiques ».

Les deux syndicats agricoles notent que l’année va se terminer par une « nouvelle baisse de 3% de la valeur ajoutée du secteur agricole », et que « la ‘Ferme France’ s’affaiblit et perd peu à peu de son dynamisme pour le maintien d’un monde rural actif et vivant ».

« Cette situation n’est pas saine », ajoutent-ils. « Il n’y aura demain de paysans dans notre pays que s’ils peuvent vivre du prix de leurs produits, de la rémunération de leur travail. Il y va du maintien de notre modèle agricole ».

Cette année, le revenu annuel moyen des agriculteurs « va être à peu près maintenu grâce à un recours à des subventionnements importants (+36%) », reconnaissent toutefois les deux syndicats.

L’INSEE souligne en effet que « les subventions d’exploitation augmentent très fortement, du fait des indemnités au titre des calamités agricoles ». Mais il note que « l’emploi agricole continue de décroître ».

Source : AP

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