L’azote, une science de plus en plus précise

Après l’eau, l’azote est l’élément le plus important dans la croissance des plantes. En grandes cultures, les apports d’azote minéral se font généralement en fonction d’une estimation des besoins de la plante et d’objectifs de rendement à l’échelle d’un champ. Tout cela s’apprête à changer, pour faire place à moins de gaspillage et plus de précision.

Dans un livre blanc publié en mai dernier, le semencier DuPont Pioneer présente sa vision d’une fertilisation axée sur la disponibilité de l’azote dans le sol. La recherche des dernières années servira à déployer un service combinant technologie numérique et conseils de terrain, appelé le Nitrogen Management Service.

À la lecture du document, on comprend bien qu’à ce jour, les apports d’azote minéral se font de façon très approximative et souvent peu efficace, engendrant des pertes dans l’environnement. La connaissance scientifique permettrait maintenant de bien mieux gérer l’azote.

« Les agronomes de Pioneer estiment que les producteurs du Corn Belt américain perdent actuellement de 50 à 60 $ l’acre en raison d’une gestion inefficace de l’azote », peut-on lire dans le document. Ces pertes sont encore plus significatives lors des années d’extrêmes climatiques.

Les recommandations actuelles sont coupables d’ignorer les variations dans la topographie, les types de sol et les taux de matière organique. Elles sont uniformes pour l’ensemble du champ et décidées avant les semis. Tout cela contribue à des inefficacités, puisque la disponibilité de l’azote dépend aussi de l’humidité du sol, de la météo et de la température.

Pour mieux comprendre la disponibilité et l’utilisation de l’azote, les chercheurs ont étudié toutes les interactions entre la météo (précipitations, ensoleillement et température), les stades de croissance de la plante, la composition du sol et la régie de culture (date de semis, taux de semis, travail du sol et applications d’intrants).

Le modèle développé a servi de fondement pour développer un service qui combinera des données météo, une cartographie du sol et un suivi de la croissance des cultures. Les producteurs auront accès à des prévisions de disponibilité de l’azote en temps réel, via un serveur accessible en infonuagique (cloud).

En d’autres mots : en combinant les données météo très locales à des cartes de sol détaillées, on pourra prédire la disponibilité de l’azote du sol et formuler des recommandations d’application à taux variable qui tiennent compte de la variabilité dans le champ et des besoins de la plante à son stade de croissance.

Le Nitrogen Management Service de Pioneer sera offert sous peu dans des régions ciblées aux États-Unis. Une partie de la connaissance derrière ce service servira dès cette année dans l’Est ontarien, où un réseau de stations météo a été installé chez des producteurs.

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