Le canola en expansion

Le canola est la culture qui pourrait le mieux tirer son épingle du jeu cette année dans la guerre des acréages au Québec. Selon des estimations préliminaires, cette oléagineuse pourrait couvrir de 30 % à 40 % plus de superficie cette année qu’en 2010.

« Plusieurs compagnies de semences nous disent qu’ils ont des annulations de commandes pour des céréales, pour les remplacer par du canola », rapporte Étienne Tardif, agronome chez TRT-ETGO à Bécancour.

Depuis le démarrage de son usine de trituration de canola et de soya à l’automne 2009, TRT-ETGO achète environ 600 000 tonnes de canola par année. Le Québec est loin de produire tout ce volume.

En 2010, alors que l’usine de Bécancour venait d’entrer en exploitation, les producteurs du Québec on réduit leurs superficies en canola à 28 000 acres. D’après Étienne Tardif, ce sont les bas prix de l’hiver précédent qui ont joué. Aussi, l’entreprise n’avait pas encore en place son système de contrats permettant de fermer des prix pour la récolte à venir.

Cette année, TRT-ETGO estime qu’il se sèmera entre 40 000 et 50 000 acres de canola au Québec.

Les prix sont actuellement plus intéressants, souligne Étienne Tardif. « J’ose espérer que les gens qui ont transigé avec nous l’an passé ont vu que ça s’est bien passé et que grâce à la présence de notre usine, ils ont un marché local et fiable pour cette culture. »

Le grand avantage du canola est qu’il réussit à aller chercher son coût de production sur les marchés, contrairement aux petites céréales, qui ont régulièrement besoin de l’assurance stabilisation des revenus pour compenser les faibles prix du marché, fait valoir Étienne Tardif.

Le canola ne joue dans les plate-bandes du maïs et du soya que dans quelques régions où ces cultures sont possibles mais risquées, comme dans Chaudière-Appalaches. En plus des régions où le canola est une culture bien maîtrisée, comme dans le Bas-Saint-Laurent, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue, on devrait voir poindre plus de jaune cette année dans le Centre-du-Québec, en Mauricie et dans Portneuf.

« Il y aura du canola dans des zones où il ne s’en faisait pas avant, indique Étienne Tardif. Maintenant, avec la présence de l’usine TRT-ETGO, les producteurs savent qu’ils pourront obtenir un bon prix pour le canola. »

TRT-ETGO offre une prime au-dessus du prix de la bourse de Winnipeg, en plus d’accepter du canola de moins bonne qualité avec des escomptes largement inférieurs à ce que recevaient jusqu’à tout récemment les producteurs.

À moyen et long terme, TRT-ETGO espère qu’il se sèmera du canola sur 150 000 à 200 000 acres au Québec. En ajoutant la production de l’est de l’Ontario, de la Nouvelle-Angleterre et des Maritimes, on pourrait arriver à combler les besoins de l’usine de Bécancour.

Le canola est une culture rentable, même quand les prix des grains fluctuent à la baisse, affirme Étienne Tardif. Il est aussi très bénéfique pour enrichir le sol dans une rotation avec des céréales à paille. « Il n’y a aucune bonne raison de ne pas faire du canola! »

Commentaires