Le changement climatique menace le maïs latino-américain et africain

Paris (France), 12 mai 2003 – Le changement climatique pourrait réduire de 10 % la production annuelle de maïs de l’Amérique latine et de l’Afrique dans 50 ans, estime un rapport publié sous l’égide du CGIAR, un réseau international de seize centres de recherches sur l’agriculture et la forêt.

Le rapport est fondé sur une simulation de variations climatiques dans différentes régions productrices des deux continents.

« En 2025, la simulation aboutit à une baisse de production de 4,6 millions de tonnes de maïs par an et en 2055 à plus du double, 11,6 millions de tonnes annuelles (…), soit 10 % de la production de 2000 », écrivent les auteurs de l’étude, qui travaillent dans deux centres du CGIAR.

Dans les trois quarts des pays latino-américains et africains, les rendements de maïs décroissent de manière continue jusqu’en 2055 sous le double effet de la hausse des températures et de la baisse des précipitations, observent Peter Jones, géographe au CIAT (Centre international de l’agriculture tropicale, Cali, Colombie) et Philip Thornton, économiste à l’ILRI (Institut international de recherche sur le bétail, Nairobi).

« Dans quelques pays comme l’Ethiopie et la Colombie, les rendements ne changent guère tandis que quelques pays sont appelés à bénéficier » du changement climatique avec des rendements de maïs plus élevés, comme le Chili et la Somalie, ajoutent-ils.

Un communiqué diffusé par le centre américain Future Harvest, qui assure les relations presse du CGIAR, rappelle que le pire n’est pas certain de se produire, des recherches étant en cours pour sur des variétés agricoles susceptibles de résister au changement climatique.

Ainsi, note le communiqué, des experts travaillant en Afrique de l’est et en Afrique australe ont mis au point des plants de maïs résistant à la sécheresse, qui sont déjà expérimentés en Angola, au Malawi, au Mozambique, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe.

Près de la moitié de la production mondiale de maïs est assurée par les pays en développement. La céréale constitue une base de l’alimentation des troupeaux de nombreuses populations déshéritées du Sud, note le rapport.

Source : AFP

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