Le Conference Board recommande d’abolir le système de gestion de l’offre

Avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les entreprises canadiennes font face à un défi supplémentaire, marqué par une tendance protectionniste au Sud de la frontière. Dans ce contexte, le Centre de commerce mondial du Conférence Board (CB) croit que le Canada « doit réorienter ses priorités en matière de commerce international et d’économie pour continuer à soutenir au pays une forte création de richesses et une vigoureuse croissance ».

L’institution y voit une occasion pour revoir les orientations du pays en en matière de commerce international, d’investissement et d’immigration. Dans un rapport, le groupe suggère que le Canada pourrait recentrer ses priorités en matière de commerce international et d’économie en s’illustrant en tant que carrefour ouvert et intégré du commerce international et des investissements étrangers.

Le Conference Board recommande entre autres de moderniser l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et de conclure de nouveaux accords de libre-échange bilatéraux et régionaux avec plusieurs pays dits « prioritaires »,  notamment les pays riverains du Pacifique et les nations asiatiques à forte croissance. En ce qui a trait à l’ALENA, l’organisme indique que « les priorités du Canada (…) pourraient comprendre la réduction de barrières non tarifaires ».

Questionné au sujet du système de gestion de l’offre, l’économiste en chef du CB Pedro Antares plaide pour le remplacement du système actuel. « Selon des études menées auparavant, on sait que le système est couteux pour les consommateurs qui payent leur lait deux fois plus cher. Ils subventionnent en fait le lait produit ici. Cela empêche aussi le Canada de participer à certains accords économiques (…) Certains pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande pourraient s’y opposer. Le segment agro-économique canadien pourrait mieux faire (sans la gestion de l’offre) à l’étranger et bénéficier de la marque canadienne ».

M.Antares admet que l’abandon de la gestion de l’offre conduirait l’industrie à une restructuration de ses manières de faire actuelles. Il propose de racheter les quotas, bien que cette mesure s’avèrerait onéreuse. La volatilité du marché pourrait aussi être compesé par un système d’assurance ou d’achat de contrat à terme. Il plaide que certains producteurs sont compétitifs et d’autres beaucoup moins dans un système de quotas. L’industrie souffre aussi selon lui des coûts élevés du lait dans un contexte d’échange avec l’Europe qui nuit aux producteurs de lait et de fromage.

L’Inde et la Chine composent à elles seule 37% de la population mondiale et le PIB de la Chine est de 6% annuellement avec une population avide de produits transformés. Avec son faible PIB et sa population vieillissante, le Québec doit chercher des marchés en croissance, avance Pedro Antares.

« Le Conference Board est conscient des changements importants que causeraient la disparition de la gestion de l’offre mais il faut voir quelles sont les solutions à long terme pour que le secteur en bénéficie ».

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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