Le fédéral refuse d’accorder 500 millions $ de plus aux agriculteurs

Québec (Québec), 7 mars 2001 – Le ministre fédéral de l’Agriculture Lyle Vanclief a refusé, mercredi, d’accorder les 500 millions $ additionnels réclamés par les fermiers pour contrer la crise agricole qui sévit au pays.

Cela n’a pas empêché, cependant, les ministres présents à la Conférence fédérale-provinciale de l’agriculture qui se tenait à Québec de s’entendre sur la nécessité de trouver une solution à long terme pour l’ensemble du Canada.

Les ministres provinciaux de l’Agriculture, la Fédération canadienne de l’agriculture et l’Union des producteurs agricoles (UPA) ont fait état de la crise touchant les prix, les coûts de production, l’environnement et la salubrité des aliments et ont convenu de la nécessité de s’entendre pour éviter, justement, d’être sans cesse placés en situation de crise.

A court terme, les provinces ont réclamé du gouvernement fédéral qu’il porte à 1 milliard $ le montant consacré à l’aide d’urgence, soit 500 $ millions de plus que ce qu’il a consenti le 1er mars dernier.

Les ministres Rémy Trudel (Québec), Clay Serby (Saskatchewan), Brian Coburn (Ontario), Rosann Wowchuk (Manitoba) et Paul Robichaud (Nouveau-Brunswick) ont aussi rappelé la nécessité de trouver une formule durable et flexible pour solutionner les problèmes particuliers des productions agricoles dans chacune des provinces.

« Les ministres de l’Agriculture, a précisé le ministre fédéral Lyle Vanclief, estiment pressant de travailler à un cadre stratégique exhaustif et souple qui assurerait la durabilité du secteur grâce à la recherche, l’innovation, et la gestion des risques. »

Le refus d’Ottawa d’augmenter la mise de 500 millions $ n’a pas plu au ministre albertain de l’Agriculture Ty Lund, qui a quitté précipitamment la conférence en se disant frustré par « l’indifférence fédérale face à la situation critique des agriculteurs en Alberta ».

« Ottawa, a affirmé M. Lund, devrait être gêné par cette rencontre. Il y a là un véritable écart entre les demandes de nos agriculteurs et le désintéressement évident du gouvernement fédéral à négocier des solutions à court terme. »

M. Vanclief a répété pour sa part que les provinces doivent garantir un investissement équivalent à 40 pour cent de celui du gouvernement fédéral pour obtenir l’aide financière d’urgence d’Ottawa. « J’ai aussi été très clair au cours de discussions avec les ministres provinciaux, a-t-il dit, en affirmant que le gouvernement ne peut pas aller plus loin pour le moment que les 500 millions $ déjà sur la table. »

Pour éviter les crises à répétition, le ministre québécois Rémy Trudel a suggéré à ses collègues des autres provinces de se concerter avec leur gouvernement respectif, le fédéral et les producteurs, pour mettre sur pied un fonds national ou une assurance-stabilisation.

« Nous avons appelé à la nécessaire collaboration des producteurs et des provinces, a-t-il dit, pour que la solution soit dessinée en commun. »

Les ministres se sont aussi mis d’accord pour évaluer l’efficacité de l’ensemble des programes de protection du revenu et des autres outils dont disposent les agriculteurs pour s’adapter aux fluctuations du marché.

Ils ont aussi accepté de considérer les producteurs agricoles comme de véritables partenaires en les consultant dans la préparation d’un cadre stratégique concernant le secteur agroalimentaire au Canada.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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