Le Groupe de Cairns demande à l’OMC la fin des discriminations agricoles

Punta Del Este (Uruguay), 5 septembre 2001 – Le Groupe de Cairns, coalition de 18 pays représentant un tiers des exportations agricoles mondiales, a demandé mercredi à l’Organisation mondiale du commerce de mettre fin à la discrimination contre l’agriculture au sein de l’OMC et de lancer une réforme visant à supprimer les subventions aux exportations agricoles.

Dans une déclaration adoptée à l’issue de sa XXIIème réunion ministérielle à Punta del Este (140 km à l’est de Montevideo), le Groupe de Cairns a estimé que la prochaine conférence de l’OMC à Doha (Qatar), du 9 au 13 novembre, devait s’engager à « mettre fin à la discrimination contre l’agriculture et à l’intégrer pleinement dans les règles de l’OMC ».

Il a également exigé lors de cette conférence « un engagement clair pour atteindre une réforme fondamentale du commerce agricole à travers l’élimination de toutes les formes de subventions aux exportations, une amélioration substantielle de l’accès au marché et une réduction de l’aide interne qui inclut l’élimination de toutes les formes d’aide apportant des distorsions au commerce et à la production ».

Estimant que « le processus de réforme doit s’achever le plus rapidement possible », les ministres de l’Agriculture ou du Commerce des pays membres ont souhaité qu’une « réduction substantielle » des mesures protectionnistes intervienne dans un délai d’un an après la signature d’un accord.

« Dans un monde à la globalisation croissante, disposant d’un cadre régulateur du commerce international, l’agriculture aurait déjà dû être incorporée pleinement il y bien longtemps à l’OMC afin que les producteurs puissent lutter d’une manière équitable », ont-ils indiqué.

Au cours de leurs travaux, les ministres ont fait part de leur préoccupation quant à l’appui fourni par les pays de l’OCDE à leurs producteurs, qui atteint près d’un milliard de dollars par jour, et aux mesures de protection qui leur sont accordées « tant par des barrières douanières que non-douanières incluant des mesures sanitaires et phytosanitaires injustifiées ».

« La rectification de cette situation entraînera un accroissement substantiel du PIB global et génèrera des gains significatifs pour les pays en voie de développement », selon leur déclaration, qui souligne qu’« “un meilleur accès aux marchés est essentiel pour promouvoir le développement et l’élimination de la pauvreté ».

Les ministres de l’Agriculture ou du Commerce ont enfin souligné la « forte coïncidence des points de vue entre le Groupe de Cairns et les Etats-Unis, quant à la libéralisation du commerce agricole en vue de la conférence de Doha ».

Le responsable au Commerce extérieur des Etats-Unis, Robert Zoellick, avait été invité à assister à la réunion.

En marge de celle-ci, M. Zoellick s’était entretenu mardi avec les chefs de la diplomatie des quatre pays membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) afin de relancer la perspective d’un accord commercial dit « 4+1 » entre le Mercosur et les USA sur la libéralisation des échanges par l’ouverture des marchés.

Le Groupe de Cairns demande depuis sa création en 1986 que le secteur agricole soit soumis aux mêmes règles que celles qui s’appliquent aux autres biens.

Ce puissant groupe de pression est composé de neuf pays d’Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Paraguay et Uruguay), sept de la zone Asie-Pacifique (Australie, Fidji, Indonésie, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Philippines et Thaïlande), ainsi que du Canada et de l’Afrique du Sud.

Seules les Fidji n’étaient pas représentées à la réunion qui s’était ouverte lundi dans la principale station balnéaire uruguayenne, où s’étaient déroulées il y a quinze ans les négociations de l’Uruguay Round.

Source : AFP

Commentaires