Le jour du jugement approche pour les agriculteurs américains

Howard G. Buffett, le fils du célèbre homme d’affaires Warren Buffet, a servi un sérieux avertissement aux agriculteurs américains lors du Congrès mondial sur l’agriculture durable qui a eu lieu cet été à Winnipeg.

M.Buffet, qui est un homme d’affaires mais aussi un agriculteur de l’Illinois, juge que ses compatriotes affichent un retard important en termes de stratégies de conservation des terres agricoles. Selon lui, les mentalités ont peu évolué à ce chapitre et la plupart des producteurs attendent d’être acculés au pied du mur avant de changer. La peur du changement explique en partie cette attitude mais il estime aussi que les politiques gouvernementales ont peu incité à changer.

« Aux États-Unis, nous pouvons nous permettre de faire des erreurs et nos enfants ne vont pas souffrir de faim », a indiqué M.Buffett. « Nous pouvons nous permettre de surfertiliser et payer la facture et s’en sortir encore. Nous pouvons faire des choses qui ne sont pas parfaites et être un peu paresseux … Cela signifie simplement que nous n’avons pas de pression sur nous. »

D’autres régions du globe n’ont pas eu ce luxe, comme le Brésil qui a dû réagir face à l’érosion ou l’Australie qui doit jongler avec des réserves d’eau limité dans un climat difficile. Les deux ont développé des stratégies de développement durable pour compenser.

Les problèmes se multiplient pourtant aux États-Unis, tels que la rareté de l’eau et les problèmes de qualité de l’eau qui deviennent de plus en plus courants. L’érosion fait aussi des ravages.

Howard Buffet rappelle que si certains agriculteurs ont modifié leurs pratiques, plusieurs n’ont rien fait. Les villes où se trouvent la majorité de la population vont demander des changements si l’eau vient à manquer et les politiques suivront. La pression se fera aussi sentir sur les transformateurs et les détaillants, comme Wal Mart. Ces derniers demanderont des changements à leurs fournisseurs.

En outre, les agriculteurs devraient également s’inquiéter de l’intervention du gouvernement. “Vous avez les décideurs, les politiciens, les bureaucrates et (certains) des universitaires qui n’ont jamais eu à se développer quoi que ce soit dans leur vie, qui n’ont jamais eu à comprendre ce que cela signifie d’avoir Mère Nature vous bottez le cul», at-il dit.

Juste ou pas, cependant, c’est le choix auquel les agriculteurs seront confrontés: soit le changement viendra d’eux-même, soit quelqu’un d’autre viendra leur dira comment le faire.

Source: Country Guide

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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