Le ministre Séguin prête l’oreille aux agriculteurs en difficulté

Montréal (Québec), 12 février 2004 – Le ministre québécois des Finances, Yves Séguin, a manifesté de l’ouverture face à la situation financière précaire des agriculteurs et espère pouvoir annoncer des mesures à ce sujet dans son prochain budget.

M. Séguin a été interrogé à ce sujet dans le cadre de ses consultations prébudgétaires, à Montréal, après qu’il eut entendu le cri du coeur de l’Union des producteurs agricoles. Ceux-ci disent traverser l’une des pires crises financières de leur histoire.

« C’est sûr qu’on va essayer de faire quelque chose dans le budget. J’espère bien trouver, même si Ottawa ne donne pas encore les surplus, on va essayer de trouver quelque chose », a-t-il répondu aux journalistes.

L’UPA a témoigné devant lui du fait que le revenu net des agriculteurs du Québec a connu, en 2002, une baisse de 54 pour cent, par rapport à 2001, passant de 862 millions $ à 397 millions $. Et le niveau de revenu net des agriculteurs en 2003 risque de ressembler à celui de 2002, a dit l’UPA.

Le ministre Séguin s’est dit conscient de l’urgence de la situation. Il a promis de discuter du dossier dès vendredi avec la ministre de l’Agriculture, Françoise Gauthier, à Saguenay, où se déplaceront ses consultations prébudgétaires.

« Je vais regarder avec ma collègue pour voir si on ne peut pas tout de suite bouger dans un certain sens », a-t-il dit.

En plus de la chute du revenu net des agriculteurs, de la baisse du soutien gouvernemental au secteur agroalimentaire, du manque de relève en agriculture, des exigences environnementales de plus en plus coûteuses pour les producteurs, l’UPA a dénoncé un déplacement du fardeau fiscal municipal vers le secteur agricole.

Le ministre Séguin a voulu élargir le débat sur cette question de la portion agricole de l’assiette fiscale municipale.

« J’ai invité l’UPA. On va commencer une espèce de table ronde au ministère des Finances sur l’agriculture qui va durer une partie de l’année ».

Ses participants doivent se réunir dès la semaine prochaine afin d’échanger sur la question de la fiscalité du domaine agricole au Québec.

« Ca fait 25 ans que ça n’a pas été fait », a souligné avec fierté le ministre Séguin.

« Il y a quelque chose qu’on peut faire, là aussi, qui n’est pas toujours nécessairement de l’argent, mais réenligner des mesures fiscales pour qu’elles soient plus efficaces », a précisé le ministre des Finances.

Le président de l’Union des producteurs agricoles, Laurent Pellerin, a lui-même souligné que, dans certains dossiers, l’intervention gouvernementale ne nécessiterait pas d’argent.

« Nous, ce dont on a besoin quand on fait face à des Loblaws, Métro, Danone, à des gros transformateurs, on a besoin d’un rapport de forces, d’un pouvoir de négociation. La réglementation québécoise peut nous aider dans ces cas-là. Et, ce qui est intéressant pour le gouvernement, ça ne coûte pas toujours de l’argent, la réglementation. »

Source : PC

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Commentaires