Le problème de la main-d’œuvre agricole loin d’être réglé

Les principaux acteurs dans le secteur agricole tentent tant bien que mal de s’ajuster aux profonds bouleversements causés par la pandémie. Le manque de main-d’oeuvre agricole est un des exemples des impacts des différentes mesures mises en place pour protéger la population. Avec le retard de l’arrivée des travailleurs étrangers temporaires (TET), les centres d’emploi tentent de s’ajuster.

La bonne nouvelle est que l’arrivée de plusieurs centaines de travailleurs mexicains et guatémaltèques a été annoncée cette semaine. Le président des producteurs maraîchers du Québec, Sylvain Terrault, a indiqué à Radio-Canada que le “Mexique a autorisé lundi le départ de plus de 1000 travailleurs agricoles vers le Canada” qui devraient arriver du 14 au 23 avril. Un contingent de 650 Guatémaltèques arriverait progressivement du 14 au 16 avril. Ces renforts sont toutefois loin du nombre habituel de TET à pied d’oeuvre au Québec. Selon l’UPA, près de 16 000 TET travaillent annuellement au Québec.

Les besoins les plus pressants en ce moment se situent chez les producteurs maraîchers qui doivent préparer leurs semis pour la saison, ce qui risque de donner le ton pour le reste de l’année.

Mais qu’en est-il de l’appel lancé aux Québécois présentement au chômage à donner un coup de pouce au secteur agricole? Édith Lussier, répondante en formation agricole à l’UPA de Saint-Hyacinthe, confirme que plusieurs personnes ont communiqué avec eux pour manifester leur intérêt à travailler. “On travaille à développer des outils et à faire de la formation sur la santé et sécurité au travail. Ça devrait être mis rapidement sur pied, dès la semaine prochaine.”

Les personnes qui ont contacté les centres d’emploi sont des gens qui ont pensé travailler dans le milieu auparavant, mais « qui n’avaient pas osé y aller à fond », indique Mme Lussier. « On demande entre autres à ceux qui souhaitent travailler leur expérience et leurs intentions quant à leur degré d’implication. »

« On s’assure du sérieux des gens et qu’ils auront à coeur de faire le travail. On s’entend que le secteur agricole n’est pas celui qui a le plus d’attrait. »

Les outils qui sont développés visent à mettre en place un horaire de travail, autant pour conscientiser les travailleurs que les employeurs. « On prend le temps pour mettre en place ce qu’il faut pour que les gens restent et ne partent pas après deux jours (…) Les producteurs vont prendre toute l’aide qu’ils peuvent. »

Les difficultés sont toutefois nombreuses et limitent l’aide. En plus des restrictions quant à la distanciation physique, certaines régions sont fermées. Il faut donc trouver de la main-d’oeuvre locale pour combler les besoins des producteurs. « Avec les MRC, on tente de trouver le plus de gens locaux possible. »

Les centres d’emplois agricoles travaillent aussi à mettre en place les différentes mesures pour accueillir les TET et modeler leurs conditions de travail selon les exigences requises par la crise, que ce soit au niveau des aires de travail ou des logements. Beaucoup de travail en somme à accomplir en peu temps. « On ne chôme pas ici, on ne voit pas le temps passer. »

 

Commentaires