Le réchauffement climatique plus menaçant que le terrorisme

Ottawa (Ontario), 5 février 2004 – Le réchauffement de la planète poserait une menace plus sérieuse à l’humanité à long terme que le terrorisme parce que des centaines de millions de gens pourraient être contraints de fuir leur domicile et une catastrophe économique serait déclenchée, estime le ministre canadien de l’Environnement David Anderson.

« La préoccupation actuelle est le terrorisme, mais à plus long terme le changement climatique l’emportera sur le terrorisme comme problème pour la communauté internationale », a-t-il dit mercredi à Reuters lors d’un entretien.

« Le terrorisme sera intermittent, comme il l’a été par le passé (…) et c’est très important. Mais le changement climatique occasionnera certains changements fondamentaux pour l’existence humaine sur la planète. »

Selon David Anderson, le Canada devra réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 60% sous les niveaux de 1990 d’ici 2050. Le Canada a ratifié le protocole de Kyoto sur les changements climatiques, qui demande une réduction de 6% sous les niveaux de 1990 d’ici 2012.

« Les Britanniques ont conclu (…) qu’une réduction de 60% (des émissions de gaz à effet de serre) d’ici 2050 est nécessaire et nous devrons probablement nous situer dans une fourchette similaire », a-t-il dit.

En 2001, ces émissions étaient de 18,5% supérieures aux niveaux de 1990 et les producteurs d’énergie estiment que le coût engendré pour satisfaire les exigences de Kyoto sera prohibitif.

Mais David Anderson a précisé que les conséquences de ne rien faire seraient désastreuses — le blé qui pousse dans les prairies canadiennes et dans les grandes plaines américaines ne produira éventuellement plus assez de nourriture pour nourrir la population, selon lui, si aucune mesure n’est prise pour combattre le réchauffement climatique.

« Le terrorisme ne forcera probablement pas l’exil de 500 millions de réfugiés, tandis que le réchauffement climatique pourrait le faire si la situation n’est pas maîtrisée dans les régions inondées (…) dans des pays comme le Bangladesh », a-t-il dit.

Le Canada a dépensé des centaines de millions de dollars afin d’augmenter la sécurité après les attentats du 11 septembre et a envoyé quelque 2.000 soldats en Afghanistan pour prendre part à la guerre menée par les Américains contre le terrorisme.

Ottawa respectera les exigences du protocole de Kyoto, a affirmé le premier ministre Paul Martin, mais le plan actuel du gouvernement sur la manière de réduire les émissions reste peu détaillé.

David Anderson a précisé qu’il était « simplement erroné » d’affirmer que la mise en application de l’accord de Kyoto paralyserait l’économie.

« Il y aura certains coûts mais je pense que vous pourriez probablement réaliser Kyoto cinq fois pour le même coût qu’a eu l’impact de la hausse de 15 cents US du dollar canadien l’an dernier. Cela a vraiment eu un impact (…) et je ne pense pas que ça a achevé notre économie », a-t-il dit.

« Nous devrons mettre en oeuvre quelques changements radicaux. Il ne s’agit pas d’un problème mineur, il causera un effet perturbateur dans certaines régions. Cela dit, il aura aussi plusieurs effets positifs — des avantages en santé et en productivité », a-t-il conclu.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Environnement Canada
http://www.ec.gc.ca/

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