Ce qu’il faut savoir sur la peste porcine africaine (PPA)

La maladie est une menace pour l’industrie porcine canadienne

La peste porcine africaine (PPA) fait craindre le pire à toute l’industrie porcine canadienne. Son arrivée pourrait signifier la fermeture de la frontière. Tour d’horizon en 11 questions pour mieux comprendre cette maladie et ce qui est fait pour l’éviter.

 

Qu’est-ce que la peste porcine africaine?

La peste porcine africaine a été décrite pour la première fois au Kenya en 1909. C’est une maladie qui affecte les suidés sauvages et domestiques, donc les sangliers et les porcs domestiques. La maladie est peu contagieuse d’un animal à l’autre, mais le taux de mortalité est extrêmement élevé. C’est une maladie à déclaration obligatoire au Canada et auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

 

Pourquoi ne pas traiter les troupeaux infectés?

Il n’existe aucun traitement ni vaccin pour contrôler la PPA.

 

Pourquoi est-ce si préoccupant?

Le cheptel porcin mondial est à risque. Avant 2018, on en parlait peu parce que les risques de contagions étaient faibles. L’émergence de la peste porcine africaine en Chine depuis 2018 a changé la donne. C’est le premier producteur mondial de porc et aussi le premier consommateur de viande de porc. « Aussi, les Chinois voyagent beaucoup et la plus grande menace, c’est le voyageur », explique Martin C. Pelletier, coordonnateur de l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP).

Beaucoup de produits de viande de porc en Chine sont saumurés et ne sont donc pas cuits à une température suffisante pour détruire le virus. Le risque est qu’un voyageur en rapporte, ne le déclare par aux douanes et donne des restants à des porcs ou des sangliers. La maladie n’est pas transmissible aux humains.

 

Pourquoi la Chine a-t-elle de la difficulté à éradiquer la maladie?

La moitié des 450 millions de porcs chinois sont dans des élevages de basse cour. Il y a donc des millions de sites d’élevage. Les analystes internationaux sont d’avis que la Chine a perdu le contrôle de la maladie. Les pays voisins de la Chine, comme le Vietnam se sont contaminés par le virus durant les derniers mois.

Carte de la Chine

 

Que fait le gouvernement canadien pour limiter l’entrée du virus au Canada?

Le 14 mars 2019, la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, annonçait un octroi de 31 millions de dollars pour accroître le nombre de chiens détecteurs dans les aéroports canadiens. En cinq ans, il y aura 24 équipes de chiens détecteurs de plus pour un total de 39 équipes. De plus, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) sensibilise les voyageurs par le biais des médias sociaux. Des affiches supplémentaires ont aussi été ajoutées dans les aéroports. Le Forum de la peste porcine africaine a eu lieu à Ottawa du 30 avril au premier mai 2019 et a réunis des spécialistes internationaux. À la réunion des vétérinaires en chef du G7, à Paris à la fin mai, le vétérinaire en chef du Canada, Jaspinder Kormal, a présenté un cadre visant à prévenir l’entrée et à atténuer les impacts de la PPA dans la région des Amériques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce que la maladie pourrait être introduite par les États-Unis?

Si les États-Unis se contaminent à la PPA, il sera plus difficile de limiter l’entrée de la maladie au Canada, en raison des échanges entre les deux pays. Tout comme le Canada, le Département américain de l’agriculture (USDA) a annoncé des mesures de surveillance des frontières par l’ajout de chiens renifleurs dans les aéroports et un plus grand contrôle des cargos. Les producteurs sont aussi sensibilisés.

 

Qu’adviendrait-il si un troupeau était contaminé par la PPA au Canada?

Si un troupeau est soupçonné d’être affecté par la PPA, l’ACIA se déplacerait pour prendre un échantillon et l’envoyer à son laboratoire de Winnipeg. Une zone contrôlée autour de la ferme serait mise en place. Le troupeau serait en quarantaine jusqu’à la confirmation. Si le test révélait la présence de PPA, l’ACIA gérerait les opérations d’éradication à la ferme.

 

Quelles seraient les conséquences pour l’industrie de l’entrée de la PPA au Canada?

Si le Canada confirme la présence d’un cas de PPA, les partenaires commerciaux cesseront d’importer du porc canadien. Si la maladie est limitée à une région, le Canada pourra demander à ce que seule la région touchée soit interdite d’exportation. Le Canada et les États-Unis ont signé une entente prévoyant la régionalisation en cas d’épisode de PPA.

 

Quelles seraient les conséquences économiques de l’entrée de la PPA au Canada?

  • Le Canada exporte 4 milliards de dollars par années dans plus de 100 pays.
  • Plus de 70 % de la production porcine canadienne est exporté.
  • La contribution de l’industrie porcine à l’économie canadienne est de 24 milliards de dollars.
  • La production porcine canadienne représente 103 000 employés directs et indirects.

 

Que fait l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP) face à la PPA?

  • L’EQSP informe les producteurs de porcs et les intervenants sur les mesures à prendre pour éviter l’entrée de la maladie.
  • En cas d’entrée de la PPA au Québec, l’EQSP appuie l’ACIA en vertu de son plan de mesures d’urgence.

 

Quelles sont les ressources pour s’informer sur la PPA?

  • Agence canadienne d’inspection des aliments
  • Conseil canadien du porc
  • Équipe québécoise de santé porcine
  • Organisation mondiale pour la santé animale (OIE)

 

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Marie-Claude Bibeau, à l’aéroport Montréal-Trudeau avec deux agents des services frontaliers canadiens et leurs chiens détecteurs, Alexandre Bleau avec Dhalia et Maxime Sauriol avec Gonzo. PHOTO : GOUVERNEMENT DU CANADA

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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