Le réseau d’agriculture soutenue par la communauté demande plus de soutien pour le bio

Montréal (Québec), 21 mars 2003 – À l’occasion de leur assembléesemi-annuelle, les 60 fermiers et fermières de famille du réseaud’agriculture soutenue par la communauté (ASC) s’adressent aux partispolitiques.

Dans le cadre de la campagne électorale, les fermiers et fermières de famille demandent aux représentants des partis politiques de s’engager à soutenir la production biologique locale, dans une optique de production légitime. Ils souhaitent que l’aide soit accordée conditionnellement àl’usage de pratiques agricoles responsables et à la mise en place decircuits de mise en marché dirigés vers les contribuables québécois. Ilsréclament notamment que les frais de la certification soit assumés parl’État, dans la mesure où ils correspondent à des pratiques agricolesresponsables. Ils suggèrent également que les programmes tiennent comptede la proximité entre producteurs et consommateurs dans l’évaluation desrisques financiers inhérents à l’activité agricole.

D’ailleurs, selon un sondage Crop-Équiterre réalisé en novembre 2000, 81%des citoyens sont favorables à un soutien de l’État afin d’aider lesfermes à ne plus utiliser de pesticides et d’engrais chimiques. Aussi,l’État québécois vient, à juste titre, d’interdire l’usage des pesticidesà des fins esthétiques. Toutefois, au Québec, environ 80% des pesticidessont destinés à la production des aliments qui nous mangeons.

Les fermiers et fermières de famille tiennent à rappeler que les 475millions de dollars dépensés annuellement par le gouvernement du Québec enagriculture proviennent des taxes et impôts de tous les contribuables duQuébec. « Les programmes de soutien de l’État québécois s’adressent àtous les producteurs agricoles, qu’ils soient bio ou non. Néanmoins, lesmodèles de production sur lesquels se fondent les programmes ne tiennentcompte ni des contraintes de la production bio, ni de la pertinence descircuits-courts de mise en marché, telle que la formule ASC. Par exemple,il est impossible de se prévaloir d’une assurance-récolte pour un surfaceinférieure à 0,5 hectare par culture pour les cultures maraîchères »,affirme M. Robert St-Arnaud, bachelier en agronomie et fermier de famille.De plus, en cas de pertes, les agriculteurs sont compensés au prix duconventionnel.

Rappelons que la production agricole est la plus importante source depollution des milieux aquatiques au Canada. Différentes études, de plusen plus nombreuses, tendent à démontrer les avantages de la productionagricole biologique, tant en termes de rendement que de qualité desaliments, de sauvegarde des terres agricoles, d’environnement et dedépenses de l’État.

On constate qu’un nombre grandissant de consommateurs mangent bio. Eneffet, « ce marché augmente de 20% par année en Amérique du Nord, mais leprix demeure un obstacle majeur à son expansion. C’est que l’agriculturebio n’est pas supportée au même niveau » relate Frédéric Paré,coordonnateur du programme Agriculture écologique chez Équiterre.

Équiterre invite aussi la population à soutenir les fermiers et fermièresde famille, sur une base civile et individuelle, en achetant une part dela récolte d’une des fermes du réseau. À cet effet, Équiterre dévoile laliste 2003 des fermes du réseau. Celle-ci peut être consultée sur le site internet d’Équiterre ou être commandée par téléphone au (514) 522-2000.

Équiterre est voué à la promotion de choix écologiques et socialementéquitables par l’action, l’éducation et la recherche dans une perspectiveintégrant la justice sociale, l’économie solidaire et la défense del’environnement.

Moi, je mange bio ! est une campagne d’information et de sensibilisationdu public sur l’agriculture biologique locale. Elle vise à améliorer lacompréhension de la population quant aux liens existants entre lespratiques agricoles, l’environnement et la santé. Moi, je mange bio !cherche à susciter et à faciliter des choix alimentaires écologiques etlocaux afin de soutenir le développement de l’agriculture biologique auQuébec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Équiterre
http://www.equiterre.qc.ca/

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