Le Vietnam demande de l’aide contre la grippe aviaire, qui s’étend en Thaïlande

Hanoi (Vietnam), 3 février 2005 – Le Vietnam a officiellement demandé de l’aide à la communauté internationale pour combattre l’épidémie de grippe aviaire, qui progresse dans le pays ainsi qu’en Thaïlande mais n’a pas encore été formellement identifiée dans les pays voisins.

La grippe aviaire « se répand très rapidement dans le pays », écrit le ministre vietnamien de l’Agriculture, Cao Duc Phat, dans un courrier envoyé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le gouvernement demande à l’OMS et à la FAO leur assistance « en envoyant des experts pour collaborer avec les (autorités) locales dans l’étude de l’épidémie et la préparation » d’un plan de lutte, ajoute-t-il.

Une demande jugée bienvenue par Hans Troedsson, représentant de l’OMS au Vietnam.

« Il existe des experts étrangers qui ont beaucoup d’expérience dans la gestion des épidémies animales et qui seront capables d’évaluer correctement la situation, » a-t-il estimé. « Ce qui est encourageant dans cette demande d’aide, c’est qu’ils prennent le problème au sérieux », s’est-il félicité.

Deux nouvelles provinces thaïlandaises ont enregistré des foyers de grippe aviaire, ce qui porte à huit le total des provinces contaminées dans le pays.

Le virus a été détecté dans des petits foyers de la province de Pichit, à environ 350 km au nord de Bangkok, ainsi que dans celle de Nong Khai (nord-est), à la frontière du Laos.

Aucun autre pays de la région n’a en revanche signalé de cas.

Au Laos, touché par l’épidémie l’an passé, un responsable de la FAO a indiqué à l’AFP qu’aucune mort suspecte chez les poulets n’avait été identifiée.

La situation est moins simple au Cambodge, qui cherche activement des traces de la maladie après la mort dimanche au Vietnam d’une Cambodgienne testée positive au virus H5N1 par l’Institut Pasteur de Ho Chi Minh-Ville (sud).

Hanoï a confirmé à l’OMS les résultats positifs effectués sur cette jeune femme. Phnom Penh a de son côté immédiatement engagé des tests sur son entourage.

Les experts craignaient d’autant plus une contamination de toute la famille que le frère de la victime, un adolescent de 14 ans, était mort 10 jours avant elle en montrant des symptômes similaires.

Le père des deux victimes avait par ailleurs fait état de la mort suspecte d’une cinquantaine de poulets en décembre.

Jeudi, les autorités sanitaires du Cambodge ont pourtant indiqué que ni les volailles testées ni les sept autres membres de cette famille n’avaient été contaminées par la grippe aviaire.

Au total, la maladie a fait 33 morts au Vietnam et 12 en Thaïlande depuis son apparition en 2003. 13 personnes sont décédées depuis le 30 décembre dans le seul Vietnam.

Une conférence internationale réunissant tous les acteurs impliqués dans la lutte contre le virus et les pays touchés par l’épidémie depuis fin 2003 est prévue à Ho Chi Minh-Ville à la fin du mois.

Le Vietnam, qui dénombre le plus grand nombre de victimes humaines et qui est le plus touché par l’épidémie cette année, avec 33 de ses 64 villes et provinces infectées, devrait être au coeur des discussions.

Le patron de l’OMS à Hanoï soulignait jeudi combien il était indispensable de rationaliser la filière aviaire dans le pays, assainir ses procédures et protéger la santé humaine.

« Le Vietnam devra changer son système agricole, en particulier l’élevage, l’abattage, la vente et le transport » des volailles, a estimé Hans Troedsson. « Ca prendra un an ou deux (…) mais c’est nécessaire ».

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
http://www.fao.org

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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