Le Vietnam identifie un septième mort de la grippe aviaire

Hanoi (Vietnam), 21 janvier 2005 – Deux frères d’une famille du nord du Vietnam ont été testés positifs à la grippe aviaire et l’un d’eux est décédé il y a quelques jours, devenant la septième victime identifiée depuis fin décembre dans le pays et la première dans le nord.

La victime, âgée de 45 ans et originaire de la province de Thai Binh, était morte le 9 janvier dernier à Hanoï sans que les tests ne révèlent le virus de la grippe aviaire.

Jeudi soir cependant, un « second test a prouvé qu’il était positif au H5N1 », a indiqué un responsable de l’Institut d’épidémiologie de la capitale qui a requis l’anonymat.

Son frère, un homme de 42 ans, a lui aussi été testé positif et est hospitalisé dans un état stable. Un troisième membre de la famille, le jeune frère de 36 ans, était également hospitalisé et considéré vendredi comme un cas suspect.

Le responsable médical n’a fourni aucune information sur les causes de leur contamination. Mais l’hypothèse d’une transmission d’humain à humain, que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) redoute par dessus tout, ne semblait pas établie vendredi.

Plusieurs journaux vietnamiens indiquaient en effet que les trois hommes avaient notamment consommé du sang de canard le 29 décembre, lors d’un repas familial dans leur province natale de Thai Binh, à une centaine de kilomètres au sud de Hanoï.

Les autorités vietnamiennes ont déjà conseillé à la population de ne pas consommer ce plat particulièrement populaire dans le pays.

Six autres personnes, toutes originaires du sud du Vietnam, sont mortes depuis le 30 décembre après avoir été contaminées par la grippe aviaire. La maladie a fait au total 27 morts au Vietnam depuis fin 2003.

Elle a fait aussi 12 victimes en Thaïlande, qui a admis jeudi avoir identifié deux foyers d’infection chez des volailles.

L’épidémie est très développée au Vietnam, touchant 22 des 64 provinces et villes du pays selon les chiffres officiels du ministère de l’Agriculture. Quelque 362 000 volailles auraient été détruites.

L’OMS soulignait vendredi combien de nombreuses questions restaient sans réponse sur l’actuelle contamination humaine et nécessitaient des recherches approfondies.

« Pourquoi certains groupes exposés ne sont-ils pas contaminés ? », s’est interrogé Hans Troedsson, représentant de l’OMS au Vietnam.

« C’est une bonne nouvelle, mais nous aimerions savoir pourquoi. Ca pourrait nous aider pour lutter contre la maladie », a-t-il ajouté, évoquant aussi une exposition apparemment importante des enfants et des jeunes.

L’OMS a plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme sur le danger que le virus mute et devienne hautement contagieux, risquant alors de déclencher une pandémie mondiale.

Aucun signe ne semble cependant l’attester au Vietnam. « Nous n’avons aucune indication que le virus a changé », s’est réjouit Hans Troedsson.

La maladie ne se propage pas facilement au sein de la population humaine. En revanche, son taux de mortalité est extrêmement élevé, aux alentours des 70-75%.

Le gouvernement vietnamien continuait vendredi de mobiliser les autorités locales et nationales autour de la lutte contre l’épidémie.

La consommation -donc le transport et la vente- de volailles doivent augmenter de façon régulière jusqu’aux festivités du nouvel an lunaire, le têt, le mois prochain.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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