Les communautés rurales de l’Alberta ne veulent pas de soldats étrangers

Edmonton (Alberta), 28 mars 2001 – Les agriculteurs albertains ont adopté une résolution mercredi demandant à Ottawa d’interdire la présence de soldats étrangers au pays pour ne pas risquer une infection de fièvre aphteuse qui pourrait coûter des milliards de dollars au Canada.

Des milliers de militaires britanniques viennent régulièrement s’entraîner sur des bases canadiennes, notamment près de Suffield, dans le sud de l’Alberta, et de Wainwright, à l’est d’Edmonton. Plus tôt ce mois-ci, un contingent de 140 soldats britanniques est arrivé à l’aéroport de Calgary pour participer à des manoeuvres.

« Nous ne voulons pas de la fièvre aphteuse, a déclaré inquiet et choqué un producteur laitier du centre de l’Alberta, Cawney Hinkley, 68 ans. Ne la laissez pas entrer au pays. Que le diable l’emporte en ce qui concerne notre province. »

Les propos de M. Hinkley ont été largement endossés par les participants à la réunion de l’Association albertaine des comtés et districts municipaux, qui ont voté très majoritairement en faveur de la résolution. L’association représente 67 communautés rurales de l’Alberta dont l’économie dépend essentiellement de l’agriculture.

Plusieurs délégués ont souligné que toutes les exportations de viande canadienne seraient interdites pour 18 mois ou plus si la maladie entrait au pays.

La fièvre aphteuse s’attaque aux bovins, aux porcs ainsi qu’à tous les animaux aux sabots fendus. Plus de 500 000 bêtes ont ainsi dû être abattues en Grande-Bretagne, alors que l’Irlande et la France ont également rapporté des foyers d’infection.

La maladie n’est pas dangereuses pour l’homme mais le virus peut être transporté facilement dans les vêtements ou sur les chaussures, voire même dans les aliments importés des pays infectés.

L’Alberta, qui compte 5,1 millions de bovins et 1,8 millions de porcs, pourrait souffrir si la fièvre aphteuse se propageait au Canada. L’élevage et l’industrie alimentaire qui en vit représentent un montant total de 9 milliards $ par année pour l’économie de la province et quelque 100 000 personnes travaillent dans le secteur agricole.

Malgré les nombreuses craintes exprimées par les éleveurs et l’industrie alimentaire, le premier ministre Ralph Kl représentants des fermiers.

« Nous devons également tenir compte de l’impact économique d’une telle décision sur les communautés qui accueillent les militaires. Quel serait l’impact économique si on fermait ces bases militaires? Je ne peux pas me prononcer par un oui ou par un non à ce moment-ci », a déclaré M. Klein.

Source : Presse Canadienne

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