Les éleveurs en difficulté en raison du prix des grains

L’augmentation du prix des grains fait mal aux éleveurs d’un peu partout dans le monde. En Californie, la hausse fait si mal que des producteurs laitiers ont décidé d’abandonner la production, rapporte le Visalia Times-Delta.

« De plus en plus de producteurs laitiers lancent la serviette ce mois-ci alors que le prix des grains, leur banque, les fournisseurs d’aliments et leur compte bancaire leur disent tous que le temps est venu », raconte l’éditeur du Sierra2theSea, John Lindt.

L’augmentation du prix des grains ne permet tout simplement plus de couvrir les coûts de production. Les producteurs qui produisent leurs propres aliments s’en tirent mieux.

Au Brésil, les trois plus grands producteurs de volaille ont décidé de diminuer leur production pour faire face à l’augmentation du prix des aliments. « Indépendamment l’un de l’autre, les trois plus grands intégrateurs du Brésil, Marfrig, Brasil Foods et JBS, ont fait cette affirmation lors d’une récente réunion du Conseil avicole international à Bahia, au Brésil », rapporte le World Poultry.

Puisque les détaillants refusent de transférer la hausse aux consommateurs, les intégrateurs ne voient pas d’autre solution que de diminuer la production.

Aux États-Unis, les analystes d’un océan à l’autre sont unanimes : le prix du bœuf grimpera la prochaine année, rapporte Beef Central. C’est que la sécheresse a aussi affecté les pâturages.

Les éleveurs réduisent leur cheptel, mais pas tant que ça. C’est qu’un grand effort a été fait en ce sens dans les deux dernières années. Les éleveurs essaient tant bien que mal de garder le cheptel qui leur reste.

Dans l’ensemble du Canada, le 1er juillet dernier, les stocks de bovins ont atteint leur plus bas niveau depuis 1994, rapporte Statistique Canada. Les stocks de porcs sont toutefois en hausse de 1,5% comparativement à l’année précédente. Il s’agit d’une deuxième hausse après cinq années de repli.

Le Québec aussi

Ici aussi, la hausse du prix des grains fait mal. Les producteurs de porcs notamment doivent encaisser une hausse importante du coût des aliments, rapporte La Presse. En juin, avant la hausse du prix des grains, déjà 150 entreprises porcines étaient en difficulté financière.

Pour faire face à la situation, la Financière agricole a devancé le paiement du deuxième versement d’assurance stabilisation, qui sera à la poste le 28 août prochain. Le président de la Fédération des producteurs de porcs, David Boissonneault, déplore toutefois la hausse de la cotisation à l’ASRA qui suivra.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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