Les États-Unis et la Chine réitèrent leur entente de janvier malgré les tensions

Des dirigeants haut placés autant à Washington qu’à Pékin ont renouvelé leurs vœux de se conformer à l’entente commerciale signée en janvier dernier entre la Chine et les États-Unis, communément appelée la phase 1, rapporte Reuters.

Les gouvernements ont indiqué qu’un échange téléphonique avait eu lieu entre le responsable du département du Commerce, Robert Lighthizer, le responsable au Trésor, Steven Mnuchin, ainsi que le premier vice-président chinois, Liu He. Dans ce premier appel officiel depuis mai dernier, les autorités des deux pays ont confirmé leurs intentions de poursuivre leurs relations commerciales alors que les tensions demeurent vives entre les deux pays.

“Les deux parties constatent des progrès et se sont engagées à prendre les mesures nécessaires pour assurer le succès de l’accord”, a déclaré le bureau du représentant américain au Commerce (USTR) dans un communiqué. L’appel devait avoir lieu le 15 août dernier, six mois après l’entente, mais avait été repoussé par le président Donald Trump.

Les sujets de discorde se sont multipliés depuis les derniers mois, en passant des accusations envers la Chine pour le coronavirus, la situation à Hong Kong, les revendications territoriales de la Chine dans la mer de Chine méridionale et les accusations américaines de menaces à la sécurité nationale posées par les entreprises technologiques chinoises. Les républicains font également de la Chine un enjeux dans leur campagne électorale contre les démocrates qu’ils accusent d’être complaisants envers la superpuissance.

Le ministère chinois du Commerce a confirmé que les deux parties avaient eu un «dialogue constructif» et ont convenu de continuer à faire avancer la mise en œuvre de l’accord commercial de phase 1.

L’USTR a déclaré avoir «abordé les mesures prises par la Chine pour effectuer des changements structurels» sur des questions telles que la protection des droits de propriété intellectuelle, la suppression des obstacles pour les entreprises américaines dans les secteurs des services financiers et de l’agriculture et l’élimination des transferts de technologie forcés. “Les parties ont également discuté de l’augmentation significative des achats de produits américains par la Chine ainsi que des actions futures nécessaires pour mettre en œuvre l’accord”, a-t-il déclaré.

Reuters indique que les achats chinois de produits américains demeurent bien en deçà du rythme nécessaire pour s’élever au montant entendu de 77 milliards de dollars pour la première année de l’accord.

La Chine a récemment intensifié ses achats de produits agricoles, tels que le soya, mais elle est loin d’avoir tenu son engagement d’acheter pour 36,5 milliards de dollars de produits agricoles américains dans le cadre de l’accord.

Selon les données officielles, les États-Unis n’ont exporté que 7,274 milliards de dollars de produits agricoles vers la Chine au premier semestre de l’année, selon le US Census Bureau.

Sushant Gupta, directeur de recherche au cabinet de conseil Wood Mackenzie, a déclaré qu’il s’attend à ce que la Chine importe davantage de GPL, de propane et d’éthane américains au cours du second semestre de cette année pour faire face aux pénuries de matières premières pétrochimiques, mais ne s’attend pas à ce que la Chine soit en mesure d’augmenter les importations américaines suffisamment pour atteindre les objectifs de la phase 1.

 


à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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