Les hybrides du futur

Le Bulletin.com s’est entretenu récemment avec Antoon van der Reijden, sélectionneur et gérant de la station de recherche de Semences Pride à Chatham, en Ontario. Voici ce qu’il nous a confié au sujet de la génétique du maïs Pride d’aujourd’hui et du futur.

Parcelles de Semences Pride près de Chatham, dans le Sud-Ouest de l'Ontario. PHOTO : André Dumont

Parcelles de Semences Pride près de Chatham, dans le Sud-Ouest de l’Ontario. PHOTO : André Dumont

D’où provient la génétique des hybrides Pride?

Nous sommes 15 sélectionneurs en Amérique du Nord. Je suis le seul au Canada. On s’échange beaucoup de matériel, notamment avec mes collèges du Minnesota et du Dakota du Nord.

La marque Pride appartient à AgReliant, qui est détenue par une coopérative française (Groupe Limagrain) et une entreprise familiale allemande (KWS). Nos collègues en Europe sont très forts du côté des hybrides hâtifs, ce qui nous donne un avantage sur nos concurrents en matière de génétique pour ces maturités.

Sur quelles maturités travaillez-vous?

Je sélectionne pour les zones de 2500 et 2600 UTM, jusqu’à 2900 UTM. Les croisements et la production de semence se déroulent ici à Chatham, mais je dois les tester dans des zones plus froides.

Nous avons des parcelles au Manitoba, en Ontario et au Québec, à Saint-Léon (près de Berthierville) et Saint-Nazaire (près de Drummondville).

Pourrons-nous un jour cultiver du maïs dans des zones encore plus froides?

Il y a beaucoup d’intérêt pour le maïs au Manitoba et plus à l’ouest. On sème aussi de plus en plus tôt. Mais je ne crois pas qu’on puisse développer du maïs résistant au gel. Il faut plutôt tendre à éviter les gels automnaux, par des variétés qui fleurissent plus tôt et qui atteignent la maturité plus rapidement.

Quelles sont vos priorités comme sélectionneur?

Le plus important sera toujours le rendement, mais celui-ci est déterminé par plusieurs différents facteurs.

Je travaille sur la tenue à l’automne, qui est reliée à la robustesse des racines et à la résistance aux maladies. Il faut éviter les points d’entrée pour la maladie et concentrer nos efforts sur la résistance aux maladies.

Nous cherchons aussi à obtenir des hybrides qui donnent des grains à densité élevée (poids spécifique élevé).

Semences Pride développe-t-elle des technologies transgéniques?

Non. Nous effectuons nos croisements traditionnels et quand un hybride approche le stade commercial, nous lui ajoutons des événements transgéniques, principalement de Monsanto, mais aussi de Syngenta.

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