Les négociations à l’OMC : des positions inconciliables avec l’uniformisation des règles du jeu en agriculture

Ottawa (Ontario), 19 octobre 2005 – Les producteurs canadiens de lait, de volaille et d’oeufs réclament du gouvernement canadien qu’il rejette catégoriquement les propositions commerciales déposées par l’Union européenne et les Etats-Unis la semaine dernière à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

« Le gouvernement doit être très ferme dans les négociations à l’OMC quise déroulent à Genève cette semaine, car ces propositions n’augurent rien debon pour les agriculteurs canadiens », a dit David Fuller, président desProducteurs de poulet du Canada.

« L’Union européenne et les Etats-Unis proposent de réduire les tarifs,tout en se donnant de la marge pour compenser par des subventions les pertesde revenus de leurs producteurs », a t-il expliqué. M. Fuller, qui était auxréunions de l’OMC à Zurich la semaine dernière, ajoute que les conséquencesseraient graves pour les agriculteurs canadiens qui tirent tous leurs revenusdu marché.

M. Fuller a souligné que ces propositions ne corrigeront pas lesinjustices de la dernière ronde : « Nous importons déjà un plus fortpourcentage de produits laitiers dans le cadre de contingents tarifaires queles Etats-Unis et plus de volaille que l’Europe, et pourtant, aucun de cespays n’offre un plus grand accès dans cette ronde. Nous ne pouvons pas réduireles tarifs hors contingent et augmenter l’accès en plus. Ces propositionsmettraient à risque la stabilité des marchés du lait, des oeufs et de lavolaille, n’avantageraient pas les autres secteurs de l’agriculture canadienneet n’apporteraient pas de vraies solutions au Cycle de Doha pour ledéveloppement. »

« Les deux pays qui accordent le plus de subventions ont beau parler deles réduire, les agriculteurs canadiens ne devraient pas s’attendre quel’Union européenne et les Etats-Unis abaissent le montant effectif qu’ilsdépensent », de dire Jacques Laforge, président des Producteurs laitiers duCanada. « Le chiffre peut paraître gros, mais même une réduction de 60 % desengagements des Etats-Unis en matière de subventions permettrait à notrevoisin de distribuer encore plus de subventions qu’à l’heure actuelle. Lessubventions sont des subventions, peu importe la couleur du chèque. Ce n’estpas en limitant certains types de subventions, mais aucune des « subventionsvertes », que l’on aidera les agriculteurs à tirer leur revenu du marché – nidans les pays développés ni dans les pays en développement.

« Les producteurs de lait, de volaille et d’oeufs à l’échelle du paysrencontrent leurs politiciens fédéraux et provinciaux pour leur fairecomprendre que les propositions actuelles pourraient avoir des répercussionscatastrophiques sur la gestion de l’offre, la stabilité de leurs industries etleur contribution au bien-être des collectivités rurales du pays.

Les agriculteurs attendent de leur gouvernement qu’il défende avecénergie la position commerciale agricole du Canada, défende les intérêtscanadiens et travaille à un environnement commercial mondial qui soitdésormais plus équitable pour les agriculteurs.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Les Producteurs de poulet du Canada (PPC)
http://www.poulet.ca

Producteurs laitiers du Canada (PLC)
http://www.bureaulaitier.org/

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