Les occasions de croissance abondent dans le secteur agricole canadien

Toronto (Ontario), 28 novembre 2007 – Le secteur agricole canadien est bien placé pour profiter des goûts et des tendances émergentes sur le marché mondial, selon un rapport publié par les Services économiques TD

L’auteur du rapport, Derek Burleton, fait observer qu’on a souventtendance à négliger et à sous-évaluer le secteur agricole, en plus del’associer à l’adversité et aux difficultés. Une analyse attentive révèlepourtant qu’il est un puissant moteur économique et même, dans certainsdomaines comme la productivité, un chef de file de l’ensemble de l’économie.

« L’agriculture et, en particulier, les cultures, entrent dans unenouvelle ère de cherté des prix, alimentée par la progression de laconsommation alimentaire en provenance des marchés émergents et par lesperspectives d’une demande concurrente de cultures comme source debiocombustibles », a déclaré Derek Burleton, auteur du rapport et chef desétudes économiques du Groupe Financier Banque TD. « Pour les agriculteurscanadiens, il était temps. »

Production d’énergie
Le Canada est le cinquième exportateur agricole et agroalimentaire enimportance dans le monde, après l’Union européenne, les Etats-Unis, le Brésilet l’Australie. Les céréales et les oléagineux, les animaux vivants et laviande rouge représentent plus de la moitié des ventes canadiennes àl’exportation. Bien qu’il se classe aussi au cinquième rang mondial pourl’importation de produits agricoles, le secteur contribue toujours de façondisproportionnée au surplus commercial de marchandises du Canada (6 milliardsde dollars, soit environ 9 % du total).

Les activités agricoles et agroalimentaires procurent également desavantages directs aux autres secteurs de l’économie canadienne. Par exemple,l’agriculture primaire est un important utilisateur de produits énergétiques,de machinerie et de services d’entretien et de réparation, alors que latransformation des aliments donne lieu à une grande consommation de papier, deproduits métalliques ouvrés, de plastiques, de verre et de produits de verre.Du côté de l’offre, l’agriculture et l’agroalimentaire sont les principauxfournisseurs de produits comme le bois de chauffage et le liège, les peauxbrutes d’animaux et les engrais animaux et végétaux.

Au premier rang de la productivité
L’augmentation des niveaux de productivité est au centre des prioritésdes entreprises canadiennes. Le secteur agricole fait figure de meneur dans ledomaine de l’amélioration de l’efficience, de l’augmentation des économiesd’échelle et de la réduction des coûts. A preuve, la taille, la valeur desactifs et la valeur nette d’une ferme moyenne n’ont cessé de progresser aucours de la première moitié de la présente décennie. On constate également unchangement dans les ventes de produits de base destinées à l’exportation, oùles oléagineux, la viande rouge et les cultures spécialisées remplacent peu àpeu le blé et les céréales secondaires, résultat des efforts accomplis pourdiversifier les activités et tirer profit des segments à potentiel de revenuélevé.

Fait également important, le milieu agricole a su se mettre à l’heure desnouvelles technologies et des nouveaux procédés afin d’accélérer saproductivité. La baisse des prix des biens d’équipement fabriqués auxEtats-Unis a par ailleurs améloré la capacité du secteur de se procurer denouveaux équipements. Depuis 2002, la croissance de la productivité annuellese maintient en moyenne à un rythme de deux pour cent par année pour lesactivités primaires, soit deux fois le rythme moyen pour l’ensemble del’économie.

Reconnaissance du marché
Le marché a maintenant intégré les perspectives du secteur agricole.Jusqu’ici cette année, le prix des produits agricoles, tel que mesuré parl’indice du prix des produits de base TD en dollars américains, a fait un bondde près de 40 % sur 12 mois, dépassant les gains enregistrés par les autressous-indices et surclassant la progression de 25 % du dollar canadien. Desfacteurs temporaires, comme la chute du billet vert, ont contribué à pousserles prix à la hausse, mais il n’en demeure pas moins que beaucoup deprévisionnistes ont révisé à la hausse leurs prévisions à long terme à l’égarddu prix des produits agricoles. Cet optimisme découle de nombreux facteurs dumarché dont ceux ci-dessous.

Tendances et goûts
De nombreuses tendances sont de bon augure pour le secteur agricolecanadien. La demande croissante en provenance de la Chine, de l’Inde etd’autres marchés émergents devrait maintenir l’ensemble de la consommationmondiale des principaux produits agricoles à un rythme soutenu au cours descinq à dix prochaines années, grâce entre autres à l’augmentation despopulations et des revenus. Dans certains cas – comme pour le blé et lescéréales secondaires – la consommation devrait dépasser la productionmondiale.

Les efforts en vue de produire de l’énergie à partir de produitsagricoles se poursuivront, stimulés en partie par les prévisions sur le coursdu pétrole brut et la détermination des Etats-Unis d’assurer leur autonomie enmatière d’énergie. D’ici 2009, l’OCDE estime que la production debiocombustibles dépassera 40 milliards de litres par année, par rapport auniveau actuel d’environ 20 milliards.

La production canadienne de biocombustibles est modeste en chiffresabsolus, mais connaît une croissance rapide, soutenue par l’intention annoncéepar le gouvernement fédéral d’imposer une teneur en éthanol de 5 % dansl’essence d’ici 2010 et une teneur en biodiesel de 2 % dans le diesel et lemazout d’ici 2012. D’autres programmes d’encouragement sont mis en place auxniveaux fédéral et provincial afin d’inciter les producteurs agricoles àinvestir dans les carburants renouvelables.

Les goûts des consommateurs évoluent eux aussi, ce qui pourrait ouvrir denouvelles avenues de croissance pour le secteur agricole. Le segment desaliments biologiques, par exemple, connaît un essor remarquable, un nombregrandissant de consommateurs du Canada et d’ailleurs s’intéressant activementà ce qui arrive aux aliments entre le champ où ils sont cultivés et leurassiette. Depuis 2001, le nombre de producteurs certifiés biologiques auCanada a grimpé de 60 %, tandis qu’un nombre croissant de détaillants joignentle mouvement.

Hausse des coûts
Selon le rapport, le huard pourrait prendre encore de la valeur en regarddu dollar américain au cours des prochains mois, mais devrait revenir àenviron 95 cents américains d’ici 2009; les prix de l’énergie et des engraisresteront élevés d’après les normes historiques; les tensions salariales nediminueront pas en raison de la concurrence acharnée pour trouver de lamain-d’oeuvre; et la vigueur du commerce extérieur poussera à la hausse lestaux de fret maritime pour le vrac solide en moyenne de 5 % par année jusqu’en2010. De plus, les questions frontalières, notamment l’imposition probable parles Etats-Unis de frais d’inspection sur les importations d’aliments,demeureront une préoccupation en matière de coûts.

« Le secteur agricole a eu son lot de problèmes au cours des cinqdernières années. Non seulement les cultivateurs de céréales ont dû faire faceà des conditions de croissance difficiles, mais l’industrie du bétail a aussiconnu de nombreux aléas, dont la grippe aviaire et la maladie de la vachefolle. Malgré cela, grâce aux efforts constants déployés pour s’adapter ets’ajuster, bon nombre de producteurs agricoles sont sortis en position deforce de cette période. Il y a toutes les raisons de croire que le secteurfera preuve de la même résilience face aux défis à venir et qu’il demeureral’un des principaux piliers de la productivité et de la prospérité dans cepays », a conclu M. Burleton.

www.td.com/economics

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Banque Toronto Dominion (TD)
http://www.tdbank.ca/

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