Les Perpectives agricoles de l’OCDE 2000-2005

Paris (France), le 19 avril 2000 – Les cours mondiaux de plusieurs produits agricoles sont tombés récemment à des niveaux exceptionnellement bas après avoir atteint, il n’y a pas si longtemps, des valeurs records. Cette situation résulte du maintien de la capacité de production accrue ces dernières années, notamment dans les pays de l’OCDE en raison des niveaux de soutien élevés, et de la stagnation de la demande internationale consécutive aux chocs économiques qui ont touché une grande partie de l’Asie, de la Russie et de l’Amérique latine.







Selon les prévisions, les marchés agricoles devraient se redresser progressivement, mais la reprise devrait rester modeste au cours des premières années de la période couverte par les perspectives.


Pendant combien de temps les prix des produits resteront-ils aussi bas ? Quels sont les facteurs qui contribueront à la reprise des marchés agricoles ? A quels problèmes seront confrontés dans les cinq années à venir les responsables des politiques agricoles des pays de l’OCDE ? La sixième édition des Perspectives agricoles de l’OCDE se penche sur ces questions, présente des projections détaillées à l’horizon 2005 et passe en revue les facteurs dont dépendra l’évolution des marchés des principaux produits agricoles, céréales, oléagineux, sucre, viande et produits laitiers, de la zone tempérée.

Le rapport examine et évalue en outre certains enjeux nouveaux tels que les conséquences pour le marché de l’Accord de Berlin sur la poursuite de la réforme de la Politique agricole commune de l’Union européenne, les évolutions intervenues dans le domaine de l’utilisation et de la commercialisation de produits génétiquement modifiés (OGM), l’application de subventions et de crédits à l’exportation dans les échanges de céréales et l’usage persistant des paiements compensatoires au titre des prêts aux États-Unis.

Selon les prévisions, les marchés agricoles devraient se redresser progressivement, mais la reprise devrait rester modeste au cours des premières années de la période couverte par les perspectives. Le principal moteur de cette évolution devrait être le raffermissement de la demande de produits agricoles résultant de la relance de l’économie mondiale intervenue plus tôt que prévu. La demande progressera plus rapidement dans les pays en développement et les échanges de céréales fourragères et de viande connaîtront un essor particulier en raison de l’amélioration de la qualité de l’alimentation due à l’augmentation du pouvoir d’achat et de la migration des populations rurales dans les zones urbaines.

Toutefois, le redressement des marchés pourrait être plus lent et moins important que prévu compte tenu du peu d’enthousiasme et de détermination manifesté apparemment par les pays dans la poursuite de la réforme de leurs politiques au cours des deux dernières années. En réponse aux pressions exercées sur les revenus agricoles, plusieurs pays de l’OCDE ont adopté de nouvelles mesures de soutien et de protection qui n’ont pas toujours été compatibles avec les objectifs à long terme de la réforme et qui risquent de retarder les ajustements nécessaires.

Les négociations en cours au sein de l’OMC sur les échanges agricoles offrent une occasion sans précédent d’accélérer le processus de libéralisation. Leur aboutissement permettrait de mettre en place des conditions propices à un redressement plus dynamique du commerce mondial et des revenus des producteurs. La libéralisation des échanges en Chine pourrait également fortement stimuler la demande de produits agricoles, notamment si elle s’accompagne de réformes internes.

S’agissant des marchés agricoles, les gouvernements des pays de l’OCDE se trouvent aujourd’hui confrontés à une série de problèmes beaucoup moins familiers, eu égard non seulement à l’inquiétude croissante des consommateurs mais également au désarroi du public qui se pose un grand nombre de questions concernant les méthodes de production, la qualité et la sécurité des produits alimentaires, la protection des animaux et l’environnement. L’opinion publique redouble désormais de vigilance sur toutes ces questions. Les perspectives de redressement des marchés agricoles à moyen terme reposent sur l’hypothèse que les gouvernements seront en mesure de relever ces défis souvent complexes en trouvant des réponses réellement satisfaisantes pour le consommateur et la société civile mais qui n’empêcheront pas non plus les ajustements des marchés et la libéralisation des échanges.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

http://www.oecd.org/

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