Les producteurs de bovins n’en peuvent plus, Québec doit agir

Longueuil (Québec), 26 septembre 2003 – En marge de son Conseild’administration, qui se tenait hier à Québec, la Fédération des producteursde bovins du Québec rencontrait la Ministre québécoise de l’Agriculture, MmeFrançoise Gauthier, afin de faire le point quant à l’aide financière réclaméepour venir en aide aux producteurs de bovins durement touchés par la crise dela vache folle.

Pour le président de la Fédération, M. Michel Dessureault, cetterencontre a permis de bien camper les attentes des producteurs et surtout, defaire comprendre l’ampleur des pertes que subissent les producteurs qui sont,rappelons-le, sans programme d’aide gouvernemental depuis le 1er septembre.« Les pertes restent énormes. Aujourd’hui encore, chaque fois qu’un producteur québécois vend un boeuf, il perd 500 $. Lorsqu’on sait qu’une entreprise dansle secteur des bouvillons produit annuellement 800 bovins, on parle de pertede plus de 400 000 $ ! A ce rythme, c’est la faillite assurée, et ceux quirencontrent les producteurs sentent bien que des drames humains se préparent.Nous sonnons aujourd’hui l’alarme. »

La Ministre de l’Agriculture, Mme Gauthier, qui reconnaît officiellementla nécessité de mettre en place un programme, doit maintenant reconnaîtrel’ampleur de la crise et surtout soutenir concrètement les producteurs enconséquence. Lors de la rencontre, Mme Gauthier a même identifié troissecteurs prioritaires (bouvillons d’abattage, bouvillons de semi-finition etvaches de réforme). On estime à plus de 30 millions de dollars les sommes quiseraient nécessaires pour couvrir les pertes entre le 1er septembre et le31 décembre 2003, dans ces seuls trois secteurs.

Pour la Fédération, le Gouvernement du Québec, à l’instar de l’Alberta,de l’Ontario, de la Saskatchewan et du Manitoba, doit rapidement mettre del’avant son propre programme pour couvrir les ventes faites depuis le 1erseptembre. Le programme d’aide devrait couvrir cette fois-ci tous les secteursde la production bovine, naisseurs, engraisseurs et reproducteurs. Ceprogramme devrait durer tant et aussi longtemps que tous les marchés ne serontpas revenus à la normale.

Les producteurs, qui vivent depuis plus de 4 mois la pire crise de leurhistoire, sont au bout du rouleau. Il importe de savoir que, même en tenantcompte de l’aide gouvernementale accordée pour la période du 20 mai au 31 août2003, les producteurs québécois ont déjà essuyé des pertes de revenus que l’onévalue à quelque 30 millions $. Rappelons aussi qu’au cours des cinq dernièresannées, les entreprises bovines ont connu une diminution de leurs revenus.Elles ont également dû investir des sommes importantes en matièred’environnement et maintenant, elles subissent la crise de la vache folle.

Les producteurs n’en peuvent plus et si rien n’est rapidement fait, c’estla survie de toute l’industrie bovine québécoise qui est sérieusement menacée,une industrie présente dans toutes les régions du Québec. Les producteurs debovins sont plus que jamais déterminés à sauver leurs entreprises et desactions de mobilisation s’organisent partout au Québec.

La Fédération des producteurs de bovins du Québec regroupe 24 300producteurs de boeufs et de veaux établis dans toutes les régions du Québec.Troisième plus importante production animale au Québec, l’industrie bovinegénère des ventes annuelles de plus de 600 millions de dollars etcommercialise annuellement quelque 800 000 bovins. La Fédération représenteles cinq secteurs de production bovine, soit ceux des veaux d’embouche, desbouvillons d’abattage, des veaux de grain, des veaux de lait ainsi que desbovins de réforme et veaux laitiers.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

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