Les producteurs doivent avoir un coup de main face aux changements climatiques

Un comité sénatorial insiste sur la protection des consommateurs et l’aide aux producteurs

Le gouvernement fédéral doit protéger les secteurs de l’agriculture et des forêts du Canada contre la hausse des coûts qu’entraînera l’adoption du régime de tarification du carbone, régime qui pourrait faire en sorte que les consommateurs paient plus cher pour leurs biens. C’est ce que recommande le Comité sénatorial de l’agriculture et des forêts dans son rapport rendu public mardi.

Devant les changements climatiques, le comité est d’accord pour mettre en place des mesures, tout en mettant en garde contre les effets d’une tarification du carbone sur les producteurs et les consommateurs qui font leur part pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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Le comité recommande entres autres de soutenir la recherche afin de déterminer les investissements, dans la lutte contre les changements climatiques, qui sont les plus efficaces et les plus rentables. Il propose aussi de mettre en place des incitatifs qui permettent de reconnaître et de récompenser les pratiques résilientes et la prestation de services écosystémiques.

D’autres recommandations visent à protéger les producteurs – et les consommateurs par le fait même – contre d’éventuelles augmentations de coûts. Il est question d’appliquer d’une dérogation qui vise à exclure le coût du combustible utilisé pour le chauffage et la climatisation de machinerie agricole, ainsi que le propane et le gaz naturel utilisés dans le cadre d’activités agricoles. Le comité recommande aussi la création d’incitatifs pour l’adoption de pratiques de gestion bénéfiques. Il est mentionné également d’élaborer des protocoles compensatoires qui permettraient aux producteurs agricoles et aux propriétaires et gestionnaires de terres forestières d’obtenir des revenus additionnels à travers leurs crédits de carbone.

La recommandation no9 concerne d’ailleurs “les recherches qui permettront d’établir des niveaux de référence pour le carbone organique dans les sols afin d’appuyer la mise en place de protocoles de crédits compensatoires visant la séquestration du carbone à l’échelle du Canada”.

La 5e recommandation insiste sur le fait que Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ressources naturelles Canada et les universités diffusent ” l’information qui permettra de renforcer la résilience des terres agricoles et forestières, comme les données sur les précipitations prévues et les cartes des plaines inondables, soit recueillie et analysée, et mise à la disposition des producteurs agricoles ainsi que des propriétaires et des gestionnaires forestiers canadiens. Le comite souhaiterait aussi que ces institutions ” élargissent et développent davantage les mesures d’encouragement qui permettent de reconnaître et de récompenser les pratiques résilientes et la prestation de services écosystémiques “.

La recommandation 16 aborde quant à elle ” l’élaboration d’une norme sur les carburants propres qui prévoie l’augmentation du nombre de mélanges d’éthanol et d’essence pour en réduire l’intensité carbonique “.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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