Les Quinze débattent en Suède des moyens de rendre l’industrie agro-alimentaire plus sûre

Oestersund (Suède), 8 avril 2001 – Les ministres de l’Agriculture de l’Union européenne se sont réunis dimanche à Oestersund, dans le nord de la Suède, pour débattre pendant trois jours des moyens de rendre l’industrie agro-alimentaire plus « sûre » et « éthique ». Mais les Quinze, qui pensaient pouvoir prendre du recul loin de Bruxelles pour réfléchir au calme à l’avenir de l’agriculture, ont été rattrapés par la crise de la fièvre aphteuse.

Les ministres, qui participent deux fois par an à un sommet informel dans le pays occupant la présidence tournante de l’UE, doivent ainsi se pencher à nouveau sur le recours à la vaccination dans la lutte contre l’épizootie -une vaccination loin de faire l’objet d’un consensus.

Le ministre britannique de l’Agriculture Nick Brown devait faire le point sur la situation dans son pays, où les experts scientifiques se montrent désormais un peu moins pessimistes, estimant que la politique d’abattages préventifs commence apparemment à produire des résultats.

L’épizootie apparue le 20 février en Grande-Bretagne n’est cependant pas enrayée, et quelque 1100 foyers de la maladie ont été recensés jusqu’à présent au Royaume-Uni. En Europe continentale, 17 foyers d’infection ont été signalés aux Pays-Bas, deux en France et un en République d’Irlande.

La Grande-Bretagne a obtenu l’autorisation de vacciner mais espère pouvoir y renoncer, tandis que les Pays-Bas ont lancé un programme limité. La ministre allemande de l’Agriculture Renate Kunast pourrait demander une reprise de la vaccination, abandonnée par l’UE en 1991 pour des raisons principalement commerciales: une bête vaccinée est considérée comme portant le virus de la fièvre aphteuse, et donc inexportable.

Les autres crises alimentaires de ces dernières années, qui ont ébranlé la confiance des consommateurs, devraient également alimenter les réflexions des Quinze. Renate Kunast a ainsi prévu de plaider pour une meilleure répartition des subventions agricoles de l’UE (40 milliards d’euros par an/262,4 milliards de ff), afin de privilégier l’agriculture biologique.

Les consommateurs, note la Suède dans un document de travail, sont de “mieux en mieux informés” et commencent à s’interroger sur la logique productiviste en vigueur depuis des années.

La qualité, estiment-ils, doit se refléter « à toutes les étapes de la la chaîne alimentaire ». Ils exigent de plus en plus « que l’alimentation réponde à des critères de qualité portant sur l’environnement, la santé et le confort des animaux, mais aussi à des valeurs éthiques ou sociales », souligne la Suède.

Source : AP

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