Les rangs jumelés bonifient le rendement


Le Bulletin a demandé à des producteurs qui sèment en rangs jumelés depuis plusieurs années de partager leur expérience.

4 octobre 2010 – Votre magazine Le Bulletin des agriculteurs du mois d’octobre est à la poste! Voici un avant-goût de notre dossier de page une, dans lequel des producteurs qui sèment en rangs jumelés depuis plusieurs années nous partagent leur expérience.

Didier Rigaux de Saint-Clet, Jocelyn Michon de La Présentation et Paul-André Boucher de Mont-Saint-Grégoire sont convaincus de la pertinence du semis en rangs jumeaux dans le maïs et le soya. À eux trois, ils combinent plus d’une vingtaine d’années d’expérience avec les rangs jumelés et ils ont accepté de s’entretenir avec nous de cette technique.

Le principe de la technique de semis en rangs jumeaux repose sur une meilleure occupation du terrain. En semant deux rangs espacés entre eux de 7,5 pouces sur des centres aux 30 pouces, on optimise l’espace disponible pour les plants autant au-dessus qu’en dessous du sol. Ce faisant, on diminue le stress et la compétition pour l’eau, les nutriments et la lumière. Ceci est encore plus vrai lorsque les plants sont disposés en quinconce (diagonale) plutôt qu’en parallèle.

Doubler les rangs ne double toutefois pas le rendement. Plusieurs études menées dans le Midwest américain mentionnent un potentiel allant jusqu’à 15 % d’augmentation de rendement avec les rangs jumelés par rapport aux rangs simples aux 30 pouces. Dans la réalité, les augmentations sont plus modestes. Didier Rigaux parle chez lui d’un gain de 3 % à 8 % dans le maïs-grain tout dépendant du précédent cultural.

Vers la fin des années 90, Jocelyn Michon a réussi à obtenir un gain de 13,5 % de rendement dans le maïs-grain lors d’un essai où il a fait deux passages avec son planteur conventionnel pour doubler les rangs. Quand il a acheté un planteur à rangs jumelés Monosem en 2005, il a fait deux années d’essais comparatifs. En 2006, les résultats n’ont pas été concluants, mais l’année suivante, il a eu un avantage de 8 % de rendement en faveur des rangs jumeaux. « J’avais calculé que ça prendrait un minimum de 4,5 % d’augmentation de rendement pour récupérer le prix du planteur », précise-t-il.

Chez Paul-André Boucher, tout sauf le soya en semis direct est semé en rangs jumelés depuis plusieurs années. Dès le début, les rangs doubles ont généré un rendement supplémentaire de 3 à 4 %. « Nous ne faisons plus d’essais comparatifs depuis cinq ou six ans, mais probablement que l’avantage serait plus marqué maintenant que nous avons amélioré nos terres en nivelant et en appliquant du fumier entre autres », croit le producteur.

« L’avantage est surtout visible dans des sols très productifs, profonds, qui ne présentent pas de compaction, ajoute Paul-André Boucher. Dans de mauvaises conditions de sol ou lors d’une année difficile, on ne voit pas vraiment d’avantage de rendement. »

La technique des rangs jumeaux s’adresse à ceux qui ont optimisé tous les autres facteurs sur leur ferme (fertilisation, drainage, nivellement, hybrides à haut potentiel) et dont le rendement plafonne.

Ce mode de semis permet de hausser les populations sans craindre l’incidence des maladies et la verse des plants puisque ceux-ci occupent mieux le terrain. Par ailleurs, cette méthode a l’avantage par rapport aux semis à rangs étroits (20 pouces et moins) de ne pas requérir d’adapter les équipements ou d’aménager de voies d’accès.

Jocelyn Michon et Paul-André Boucher ont fait passé leur population dans le maïs-grain de 32 000 jusqu’à 36 000 plants/acre en ajustant la fertilisation en conséquence. En 2009, lors d’une comparaison entre deux populations différentes (34 000 vs 36 000 plants/acre) en rangs jumelés, Jocelyn Michon a obtenu un léger avantage de rendement avec le taux de semis supérieur. « C’est rentable, mais ça n’a pas rapporté beaucoup plus que le prix de la semence », précise-t-il.

Après avoir testé diverses populations en rangs jumelés, Didier Rigaux a quant à lui fait le choix de continuer avec 34 000 plants/acre dans le maïs-grain. « Je n’ai pas vraiment avantage à augmenter plus puisque je cultive dans la région du Québec qui reçoit le moins de pluie », explique le producteur de Saint-Clet (Montégie-Ouest).

La suite dans votre Bulletin des agriculteurs du mois d’octobre

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