Les ravageurs du canola

En 2012, le réseau de surveillance des ravageurs du canola du Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) a fait le suivi de cinq principaux insectes : les altistes du navet et des crucifères, le charançon de la silique, la punaise terne, le méligèthe des crucifères et la fausse-teigne des crucifères.

Trente-six champs ont été dépistés, dans dix régions du Québec. C’est neuf champs de plus qu’en 2011.

Les membres du réseau de surveillance soutiennent que les faibles superficies cultivées en canola au Québec, soit 17 000 ha en 2012 d’après les données de la Financière agricole du Québec, font en sorte que la pression des ravageurs est assez faible.

La saison dernière, la plupart des ravageurs sont demeurés sous les seuils d’intervention et n’ont eu que peu ou pas d’impact sur les rendements. Toutefois, les altises ont causé des dommages importants dans certaines localités, notamment au Lac-Saint-Jean et en Chaudière-Appalaches.

En ce qui a trait au charançon de la silique, un ravageur observé pour la première fois au Québec en 2000, même si les populations ont dépassé les seuils d’intervention dans certains champs, cela ne s’est pas traduit par des pertes de rendement pour autant. Ceci s’explique par le taux de parasitisme élevé attribuable à Trichomalus perfectus (Walker), une guêpe parasitoïde qui s’attaque aux larves du charançon à l’intérieur des siliques.

Il en est de même pour la fausse-teigne des crucifères, dont les stades préchrysalide et chrysalide sont attaqués par une guêpe parasitoïde du genre Diadromus sp.

Ainsi, les membres du réseau affirment que le faible recours aux insecticides par les producteurs québécois a été bénéfique aux parasitoïdes, lesquels ont connu une expansion rapide leur permettant d’effectuer un excellent contrôle, notamment en ce qui a trait au charançon de la silique et à la fausse-teigne des crucifères.

À la lueur de ces informations, il appert que le suivi des insectes ravageurs du canola doit se poursuivre, car la situation peut évoluer rapidement et que les besoins d’acquisition de connaissances sont encore grands, notamment en regard de la détermination de seuils d’intervention qui tiennent compte de la présence des ennemis naturels observés au Québec.

D’importants besoins en recherche demeurent, afin notamment de mieux connaître le méligèthe des crucifères, de tester d’autres insecticides que le Matador contre les altises, de déterminer des seuils d’intervention qui intègrent les parasitoïdes, notamment pour le charançon, et de tester la technique des cultures pièges contre les altises, le charançon, la punaise terne et la fausse-teigne.

Cette technique, largement utilisée dans l’Ouest canadien, consiste à semer en bordure du champ une variété de canola plus hâtive ou à semer cette section plus tôt. Ainsi, en concentrant les ravageurs en périphérie du champ, ceci permet de traiter uniquement cette zone si le seuil d’intervention est atteint. On diminue alors significativement l’impact sur l’environnement ainsi que sur les ennemis naturels.

Consultez le bilan au complet, avec des détails et photos pour chacun des ravageurs (PDF).

 

 

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