Les États-Unis confirment leur deuxième cas de vache folle

Washington (États-Unis), 24 juin 2005 – Le ministère américain de l’Agriculture a confirmé la découverte d’un deuxième cas de vache folle aux Etats-Unis détecté sur un animal né avant août 1997, date à laquelle Washington a interdit aux éleveurs de nourrir leur bovins avec des farines animales.

La confirmation a été annoncé par le ministre Mike Johanns dans un communiqué indiquant que des tests complémentaires sur des échantillons du cerveau de l’animal mort en novembre dernier et effectués dans un laboratoire spécialisé en Grande-Bretagne se sont avérés positifs.

Les Etats-Unis avaient déjà fait part de leurs soupçons sur cet animal le 11 juin, en annonçant des tests supplémentaires.

Ce nouveau cas a été officiellement annoncé 18 mois exactement après la découverte du premier cas jamais détecté aux Etats-Unis, sur une vache d’un cheptel de l’Etat de Washington (nord-ouest). L’animal avait été importé du Canada voisin.

Dans le nouveau cas d’encéphalopatie spongiforme bovine (ESB) ou maladie de la vache folle, le troupeau d’origine de la bête incriminée n’a pas encore pu être déterminé, selon le ministère.

En revanche, celui-ci a affirmé avec certitude qu’à aucun moment l’animal n’était entré dans la chaîne alimentaire humaine et qu’il était né avant août 1997, date de l’interdiction de l’utilisation des farines animales pour nourrir les bovins aux Etats-Unis.

« Cet animal n’a pas pu entrer dans la chaîne alimentaire humaine car nous avons mis un dispositif en place pour l’empêcher », a indiqué M. Johanns.

L’ESB peut se transmettre à l’homme où il se traduit par la maladie de Creutzfeld-Jacob qui conduit notamment à une dégénérescence cérébrale.

Et le ministre d’ajouter: « les Américains ont toutes les raisons d’avoir entièrement confiance dans notre boeuf ».

Après la découverte du 1er cas le 23 décembre 2003, les cours du bétail s’étaient effondrés. Vendredi le ministère avait pris soin de n’annoncer la confirmation qu’après la clôture des cotations pour le week-end.

Une trentaine de pays, dont le Japon, principal client pour le boeuf américain, avaient immédiatement réagi fin 2003 en fermant leurs frontières aux importations en provenance des Etats-Unis.

Depuis, Washington tentait de persuader Tokyo de racheter du boeuf américain en acceptant toute une série de concessions, notamment de ne livrer que des bovins de moins de 21 mois si le Japon acceptait de lever l’embargo.

Le ministre a également rappelé qu’actuellement un millier de tests de détection de l’ESB étaient effectués par jour aux Etats-Unis et que sur les 338 000 effectués depuis début 2004, le cas confirmé vendredi est le premier testé positif.

Cependant, tout cela n’a pas suffi à rassurer les consommateurs.

« Nous restons extrêmement inquiets », a affirmé à l’AFP Jean Halloran, l’une des responsables du Consumers Union, la puissante association des consommateurs américains.

« Nous avons effectivement une interdiction de nourrir les bovins avec des farines animales mais il y plein de lacunes », a-t-elle souligné, en notant entre autres l’autorisation d’utiliser le sang des bovins ou certains sous-produits de poulet dans l’alimentation du cheptel.

De plus, a-t-elle rappelé, « ici on teste un animal sur 100 à l’arrivée à l’abattoir, en Europe c’est un sur 4 et au Japon c’est tous les animaux qui sont testés. »

De plus, les tests américains utilisés en premier lieu par les services vétérinaires aux Etats-Unis donnent des résultats « très variables selon qui les utilise », selon Mme Halloran.

« Ils ont refusé pendant sept mois d’utiliser le second test, et quand ils ont finalement accepté il y a quinze jours de procéder à ce test, ils ont découvert que l’animal était positif », selon Mme Halloran.

« Une confirmation qui vient 7 mois (après le premier soupçon) n’est pas rassurant du tout », a-t-elle conclu.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

United States Department of Agriculture (USDA)
http://www.usda.gov/

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