L’Europe toujours divisée sur la coexistence OGM/cultures classiques

Bruxelles (Belgique), 26 mai 2003 – Les ministres européens de l’Agriculture ont de nouveau affiché leurs divisions entre partisans et adversaires d’une législation communautaire pour réguler la coexistence entre les cultures traditionnelles et celles à base d’organismes génétiquement modifiées (OGM).

Selon des sources européennes, la Grande-Bretagne et l’Espagne notamment ont souligné leur souhait d’une régulation laissée aux soins des Etats membres, comme le préconise la Commission européenne, et plaidé pour une levée rapide du moratoire européen sur les autorisations de nouveaux OGM.

A l’opposé, un « noyau dur » formé par l’Autriche, la Belgique et le Portugal a préconisé l’instauration la plus rapide possible d’une réglementation communautaire, selon les mêmes sources.

Le commissaire européen à l’Agriculture Franz Fischler a mis en garde contre toute interférence du débat sur la coexistence entre cultures OGM et classiques avec la levée du moratoire européen anti-OGM, contre lequel les Etats-Unis ont porté plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

« Il n’est pas justifié d’utiliser la coexistence comme alibi pour prolonger le moratoire », a déclaré M. Fischler lors d’une conférence de presse.

Il a estimé que la question de la coexistence n’avait « rien à voir avec le risque » attribué par certains Etats et organisations écologistes aux OGM, dans la mesure où elle ne porte que sur la cohabitation de cultures classiques avec des cultures d’OGM disposant d’une autorisation préalable.

Le commissaire a annoncé la publication en juillet par Bruxelles de « lignes directrices » sur les moyens de régler le dossier, tout en confirmant sa préférence pour une réglementation à l’échelon national plutôt que communautaire.

Outre la Grande-Bretagne et l’Espagne, l’analyse de M. Fischler est également soutenue par les Pays-Bas, l’Irlande, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède.

Sans se montrer aussi fermes que l’Autriche, la Belgique et le Portugal, le Danemark, la France, l’Allemagne, le Luxembourg, l’Italie et la Grèce ont défendu l’idée de procéder dans les mois à venir à une nouvelle évaluation et « si nécessaire » de définir « un cadre juridique » communautaire « à moyen ou long terme ».

Source : AFP

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