L’obésité, un véritable enjeu pour l’industrie agroalimentaire

Paris (France), 16 septembre 2005 – L’industrie agroalimentaire, si elle ne veut pas devenir un « bouc émissaire », a un rôle prépondérant à jouer pour enrayer l’obésité, phénomène mondial en pleine expansion, et ainsi défendre son image, selon une étude Crédit Agricole Cheuvreux.

Les entreprises agroalimentaires doivent apporter des solutions appropriées si elles ne veulent pas devenir le bouc émissaire « commode d’un problème à la fois collectif et individuel », relève l’étude, présentée jeudi.

Produits de grignotage, plats préparés trop riches en sucre, en sel, portions trop généreuses… Les marques mettent en jeu leur image sur ce sujet sensible et, en premier lieu, par leurs publicités. Des associations de consommateurs ont déjà attaqué certaines entreprises pour publicités ou étiquettes mensongères.

Les marques vont aussi devoir tenir compte du durcissement de la réglementation légale des produits alimentaires.

S’il est limité aujourd’hui, le risque juridique pour les entreprises accusées de favoriser l’obésité notamment par leur communication (incitations au grignotage, publicités visant les enfants…) ne peut être totalement écarté, note l’étude : certains groupes ont déjà été poursuivis en justice même si jusqu’à présent, ils n’ont pas été condamnés.

La montée de l’obésité a enfin un coût : les industriels doivent adapter leurs produits, sans pour autant augmenter systématiquement leurs prix de vente.

Les entreprises ont désormais pris conscience de l’ampleur du phénomène et se remettent en cause. Côté offre, parmi les pistes possibles figurent la réduction de la taille des portions, la reformulation des produits, le travail sur la composition des recettes.

Côté communication, certains groupes ont réduit les campagnes à destination des enfants, d’autres indiquent désormais la valeur énergétique de certains de leurs produits ou détaillent leur composition nutritionnelle par portion et non plus par 100 grammes. Nombre de grandes marques incitent aussi à l’activité physique.

Risque ou opportunité ? Cadbury Schweppes, dont le portefeuille est composé de confiseries et de boissons sucrées, est en première ligne et devrait, selon CA Cheuvreux, être confronté « tôt ou tard à des difficultés liées à la montée de l’obésité que ce soit en termes de vente ou en termes d’image ».

Santé et nutrition étant au coeur de la stratégie de Danone, l’obésité représente pour le groupe français « une “opportunité” à condition “de contrôler sa communication pour ne pas détruire la crédibilité de sa marque ».

Une communication sur les bienfaits nutritionnels de ses produits et la prise de conscience du lien entre alimentation et santé par les consommateurs pourraient même être « très bénéfiques au groupe », estime l’étude.

Nestlé est fortement exposé au phénomène de l’obésité : on y trouve le pire comme le meilleur, les crèmes glacées face à l’eau ou les produits laitiers. Ainsi, « risques et opportunités nés de l’obésité devraient », selon CA Cheuvreux, « se compenser pour Nestlé ». Le groupe s’est engagé à avoir une communication responsable, un étiquetage nutritionnel clair et va développer la promotion de programmes d’éducation nutritionnelle.

L’exposition d’Unilever, qui réalise seulement 57% de son chiffre d’affaires dans l’agroalimentaire, est moindre. Le groupe « équilibre » les risques qui pèsent sur certains de ses produits (assaisonnements, crèmes glacées) par la forte légitimité santé de ses marques de margarines anti-cholestérol.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Nestlé
http://www.nestle.ca/

Unilever
http://www.unilever.com/

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