L’UE commence à mesurer les retombées économiques de la fièvre aphteuse

Bruxelles (France), 30 mars 2001 – L’épizootie de fièvre aphteuse a d’ores et déjà des retombées économiques importantes pour l’Union européenne, la principale étant la paralysie quasi-totale des exportations de viande.

« Actuellement 94% des exportations européennes de viande de boeuf et 73% de celles de porc sont bloquées », selon Gregor Kreuzhuber, porte-parole de Franz Fischler, commissaire européen à l’Agriculture.

Les conséquences de la fièvre aphteuse pour les exportations européennes s’ajoutent à celles de la crise de la vache folle, qui avait déjà fait plonger les ventes de viande bovine aux pays tiers, mais les experts conviennent qu’on ne peut distinguer clairement la part respective des deux crises.

Sur les 11 premiers mois de 2000 (dernier chiffre connu), alors que l’épizootie de fièvre aphteuse n’était pas encore déclarée, l’UE avait exporté 650 000 tonnes de viande de boeuf contre 960 000 tonnes en 1999, soit une baisse d’un tiers, selon les statistiques européennes.

Le total des exportations agricoles de l’UE vers les pays tiers –tous produits confondus– avait atteint environ 70 milliards d’euros en 1999.

« Si les embargos décidés par les pays tiers et notamment la Russie devaient durer et continuer à ne pas être ciblés sur certains produits, les conséquences seraient très graves pour l’ensemble de l’économie », a assuré à l’AFP M. Kreuzhuber.

La Russie a interdit lundi dernier les importations de bétail sur pied, de viande et produits carnés, de lait et produits laitiers, de poissons et produits dérivés, de volaille et d’autres produits d’origine animale, en provenance de tous les pays européens, y compris d’Europe de l’Est et des pays Baltes.

Cette mesure a été jugée « excessive et disproportionnée » par la Commission.

La Russie avait acheté 402 345 tonnes de viande bovine en 1999 (42% des exportation de l’Union), l’Egypte, qui a aussi fermé ses frontières, venant sur ce marché en seconde position.

Franz Fischler est préoccupé par les conséquences de ces deux crises concomitantes sur le budget de l’UE. « Cela pourrait être très difficile, car tout ce qui ne sera pas exporté risque d’arriver au stade de l’intervention et les dépenses risquent d’exploser », estime son porte-parole.

Les mécanismes d’intervention obligent l’UE à racheter tous les surplus de marchandises agricoles dès que leur prix tombent en dessous d’un prix fixé.

Sur les stricts aspects vétérinaires, les questions budgétaires sont « sous contrôle », indique pour sa part Luc Véron, porte-parole de Michaele Schreyer, commissaire européen au Budget.

L’indemnisation des éleveurs dont les troupeaux ont été abattus pour cause de fièvre aphteuse, les dispositifs d’abattage et les mesures de lutte contre l’épizootie sont pris en charge à hauteur de 60% par l’Union européenne, le solde étant la charge des Etats membres.

Aucun chiffrage n’a encore été établi sur la facture totale de l’épizootie dans l’Union européenne. Au Royaume Uni, la banque Schroder Salomon Smith Barney estime que le coût de l’épizootie pourrait enlever 0,3 à 0,4 point du pourcentage du produit intérieur brut (PIB) du pays.

L’épidémie, qui aura aussi inévitablement un coût social, a des effets en cascade qui peuvent toucher les pans les plus divers de l’économie: en premier lieu les activités en aval de la filière agricole (cuir, peaux) mais aussi les activités périphériques du monde rural (tourisme, voyages, loisirs…).

Source : AFP

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