L’Union paysanne en faveur de la gestion de l’offre

Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec), 27 novembre 2004 – Depuis environ une quarantaine d’années, le Québec a mis en place une série de plans de contrôle de la production agricole et forestière, appelés plans conjoints, dans le but de stabiliser les prix et les conditions des producteurs. Dans le tumulte des négociations internationales de libre-échange, l’UPA tente de sauver ce modèle et recrute tous les appuis possible.

Avec Via Campesina, l’organisation paysanne internationale, l’Union paysanne considère que le principe de la gestion de l’offre des produits agricoles a du bon, mais qu’il faut en revoir l’application en profondeur. Laisser évoluer les prix des quotas comme des valeurs boursières spéculatives sont des entraves majeures pour toute forme de relève qui ne peut pas financer un permis pour une vache à 27 000$ ou 130$ pour une poule pondeuse. Même les prix de l’ordre de 150 000$ pour un chauffeur de taxi montréalais ne représentent qu’un dixième du prix du quota pour une ferme laitière moyenne.

En outre, des plans conjoints qui centralisent toute la production dans un secteur donné avec des prix standardisés freinent toute production à valeur améliorée, de terroir. La mise en marché directe ou locale n’a aucune chance de se développer dans un tel contexte.

Une gestion de l’offre ne doit pas non plus être gérée en situation de monopole par un syndicat unique et obligatoire qui s’en sert alors pour se financer. Pas surprenant si, depuis l’implantation des quotas dans les secteurs de la volaille, des oeufs et du lait, 80% de ces fermes ont disparu.

Pour l’Union paysanne, la gestion de l’offre, au lieu de protéger les intérêts d’une minorité de plus en plus réduite d’individus et de corporations, devrait être modifiée de façon à répondre à des objectifs comme :

  • Nourrir la population du Québec en quantité et en qualité.
  • Protéger les ressources nécessaires à la production agricole.
  • Occuper le territoire rural.

Par exemple, pourquoi ne pas accorder en priorité du quota à de la relève, gratuitement? Ou à des producteurs biologiques? Ou à des régions en train de perdre leur population? Pourquoi ne pas modifier les quotas pour permettre une mise en marché à la ferme? Comment modifier les plans conjoints pour permettre la revalorisation de la qualité ou des circuits courts de mise en marché?

L’Union paysanne considère qu’il est grand temps de tenir un vaste débat sur la gestion de l’offre, un débat élargi, avec d’autres intervenants qu’uniquement l’UPA qui trône en situation conflictuelle d’intérêts. Si la gestion de l’offre est abandonnée à ce seul syndicat monopolistique, il y a fort à parier que tôt ou tard, à l’instar de la Nouvelle-Zélande, le Québec décidera de l’abolir purement et simplement, découragé des piètres performances de ce modèle pourtant prometteur. Une bonne raison de tenir des Etats généraux sur l’agriculture, comme le souhaite l’Union paysanne.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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