Lutte à la pourriture à sclérotes

La pourriture à sclérotes (pourriture blanche, ou white mold) guette nos champs de soya. Voici les conseils des experts du Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), Horst Bohner, spécialiste du soya et Albert Tenuta, phytopathologiste, pour contrer cette maladie.

Il n’existe aucun remède miracle contre la pourriture à sclérotes. Il s’agit d’une maladie très virulente. Aucun fongicide foliaire n’est recommandé pour lutter contre elle dans les cultures de soya.

Contrairement aux haricots comestibles, le soya a une longue période de floraison. Il faudrait faire deux, voire trois passages de pulvérisateur pour assurer une protection tout au long de la saison. De plus, le soya a un couvert végétal relativement épais, de sorte que le liquide pulvérisé pénètre difficilement à travers le feuillage. Les fongicides foliaires ont donné des résultats très inégaux dans le soya à ce jour, mais de nouveaux produits sont en cours d’évaluation.

Stratégies de lutte

1. Rotation des cultures

La plupart des sclérotes présents à la surface du sol jusqu’à 2,5 cm (1 po) de profondeur germeront au cours de l’année suivant leur dépôt au sol. Plus on sèmera longtemps des cultures non vulnérables dans la parcelle infectée, moins il restera d’inoculum dans le sol à terme.

Le maïs et le blé ne sont pas sensibles à la pourriture à sclérotes. Dans les champs où une forte prépondérance de pourriture à sclérotes a été observée cette année, il faudra sérieusement envisager de semer du blé d’hiver cet automne. Le semis du blé sans labour permettra aussi de laisser plus de sclérotes à la surface du sol, ce qui accélérera leur décomposition avant le semis d’une autre culture sensible.

La pourriture à sclérotes s’attaque aux haricots comestibles, au canola et au tournesol. Ces cultures ne devraient donc pas être semées l’année précédant ou suivant le semis de soya.

2. Éviter les variétés sensibles

La sensibilité à la pourriture à sclérotes varie selon les variétés, mais il n’existe aucune variété complètement résistante à cette maladie. Si de la pourriture à sclérotes a été observée dans un champ au cours des dernières années, il faudra éviter de semer une variété très sensible dans ce champ.

La plupart des variétés sont assorties d’une cote de résistance à la pourriture à sclérotes; si cette information n’est pas indiquée dans les recommandations, renseignez-vous auprès de votre fournisseur de semences.

3. Choisir des variétés hâtives

Il est possible de réduire la prévalence de la maladie en semant des variétés hâtives. Dans les champs où la pourriture à sclérotes était omniprésente au cours des années antérieures, il est conseillé de semer des variétés plus hâtives que celles recommandées pour votre région, soit des variétés nécessitant entre 200 et 300 unités thermiques de moins pour murir. Les variétés peu sensibles à la verse ont également tendance à être moins fortement infectées par la pourriture à sclérotes.

4. Espacement entre les rangs

En semant le soya en rangs plus espacés et avec une moindre densité à l’intérieur du rang, il est également possible de réduire les dégâts causés par la maladie. Si le semis en rangs plus espacés et avec une moindre densité sur le rang s’accompagne de rendements quelque peu inférieurs durant les années où la maladie ne se développe pas, cette stratégie devrait permettre de réduire la gravité de la pourriture à sclérotes pendant les étés humides et frais.

Dans les champs propices à la pourriture, il est conseillé de semer le soya en rangs espacés de 38 cm (15 po), à une densité de 150 000 graines/acre. Envisagez de semer le soya à 76 cm (30 po) d’espacement dans les champs où la pourriture à sclérotes a sévi au cours des années antérieures.

Il ne faut pas conserver les semences de soya provenant de champs fortement infectés, car cela peut contribuer à propager la maladie. Grâce à ces stratégies, vous devriez parvenir à tenir la pourriture à sclérotes en échec, sans craindre de subir de graves pertes de rendement dans les années à venir.

Source : MAAARO

Commentaires