Maïs, soya : de bonnes récoltes en perspective

dscn7327« Malgré l’été très sec, notre analyse préliminaire prévoit une récolte de maïs de 10,4 Tm/ha en moyenne en Montérégie et dans le centre du Québec », selon Jean-Philippe Boucher, Grainwiz, un des principaux organisateurs de cette troisième édition de la Tournée des grandes cultures qui regroupe de nombreux partenaires.

L’évènement, inspiré du Profarmers Midwest Crop Tour, culminait le 9 septembre dernier avec une journée regroupant une quinzaine d’ateliers aux champs et d’une série de conférences données à la ferme Blanchette et Fils, située à La Présentation.

Les résultats de la Tournée des grandes cultures étaient un des moments des plus attendus parmi les 400 participants dont certains venaient hors du Québec. « C’est une occasion pour se renseigner sur les nouvelles technologies et sur les prévisions de marché », a indiqué Andy Senn, un jeune producteur laitier de St-Barnardin dont la ferme est située en Ontario.

Les prévisions des récoltes de québécoises sont beaucoup plus précises que celles d’Agriculture Canada et même du USDA parce qu’« aux États-Unis, ils prennent un échantillon aux 22 000 acres et au Québec, c’est 1200 acres », selon Daniel Brière, Brima, également un des principaux organisateurs de cette tournée. Pendant trois jours, quelque 47 bénévoles chevronnés ont parcouru 2265 km et récolté un total de 389 échantillons de grains. Dans le cas du maïs, la longueur de l’épi et le nombre de grains ont servi à faire les estimations.

La récolte de maïs envisagé au Québec s’annonce bien meilleure qu’en Ontario « qui a reçu 50 % moins de précipitations » et où les rendements sont estimés à 9,35 Tm/ha, a indiqué Maurizio Agustino, analyste en chef des commodités chez Farm.com.  Tout comme l’Ontario, la sécheresse n’a pas épargné le Midwest américain dont le Dakota du Sud avec une moyenne prévue de 8,91 Tm/ha. L’Illinois et l’Iowa s’en tireraient mieux avec des moyennes supérieures estimées à 11 Tm/ha et 12 Tm/ha.

dscn7313Côté soya, sans avoir les rendements américains en raison de son climat nordique, le Québec tire bien son épingle du jeu. Les résultats des échantillons québécois révèlent 852 gousses par superficie de 3’ par 3’ en 2016, contre 757 gousses en 2015 et 911 gousses en 2014. « On considère la Montérégie et le centre du Québec comme un seul grand champ. On ne pourrait pas faire une estimation des rendements d’une seule ferme avec ce type de prise d’échantillons », tient à préciser Jean-Philippe Boucher. Autre précision : les données recueillies sur les fermes demeurent strictement confidentielles.

Toutefois, on ne connaîtra les véritables rendements et moyennes qu’après la récolte. Malgré la finesse des prévisions québécoises, Jean-Philippe Boucher a tenu à rappeler que le système n’est pas infaillible. En effet, Dame nature peut toujours faire mentir prévisions et statistiques.  « Rappelons-nous le gel hâtif du 19 septembre 2014 ou encore le mois de septembre 2015, le plus chaud en 75 ans », a-t-il dit. À suivre.

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

Commentaires