Malaise dans la filière porcine bretonne

France, 17 février 2003 – La crise actuelle qui s’abat sur le marché du porc n’est malheureusement pas une surprise. Ce malaise latent ressenti par les éleveurs bretons se sentant délaissés par l’opinion public, leur coopérative et l’état ne peuvent que nous inquiéter. La Bretagne représente environ 60% de laproduction sur le territoire français. Toutes les filières associéesreprésentent plusieurs dizaines de milliers d’emplois induits.

Si le porc devait subir une crise semblable à celle que vécurent leséleveurs bovins lors de la vache folle, l’économie bretonne ne serelèverait pas. Le marché du porc se trouve dans une impasse et pour leséleveurs, leur seul salut est de produire plus, à moins cher pour dégagerune marge bénéficiaire au kilo plus importante. Mais cette solution n’estvalable qu’a court terme. Dans un esprit de développement durable etrespectueux de l’environnement, Emgann ne peut que déplorer cettedémarche.

Notre économie ne doit pas se baser uniquement sur la quantité de porcsproduit, mais sur la valeur ajoutée qu’on peut lui associer, ainsi que ledéveloppement d’un « porc breton » qui se différencierait en terme dequalité (organoleptique, bien–être animal, respect de l’environnement…)d’un porc importé. Nous n’arriverons jamais a être suffisamment compétitifcar les frais de production en Bretagne sont beaucoup plus élevés que ceuxdes pays exportateurs. Seule solution : produisons moins, mais mieux !

De plus, nous ne pouvons que critiquer le comportement hégémonique desgrandes surfaces qui, en plus de se faire une marge bénéficiaireimportante, décident de la pluie et du beau temps en pressant lesgroupements pour faire descendre le prix du porc. Les grandes surfaces nesont pas sans ignorer qu’elles sont leurs principaux clients, et que leurvolume d’achat est important.

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