Monsanto doit retirer ses semences transgéniques au Canada

Winnipeg (Manitoba), 26 avril 2001 – L’entreprise de biotechnologies agricoles Monsanto remplacera ses graines de canola transgéniques « Quest » dès ce printemps au Canada après avoir découvert des traces de contamination par une version modifiée.

La firme de St-Louis, au Missouri, a dit qu’elle travaillait avec les distributeurs locaux du Quest, Agricore et Saskatchewan Wheat Pool, sur le retrait volontaire et le remplacement des semences pour les plantations du printemps.

« Des tests de qualité de routine faits ce printemps ont permis de déceler des traces d’une version modifiée de la série Roundup Ready dans les lots de graines Quest », a indiqué Monsanto, filiale du groupe Pharmacia.

« Les deux versions sont autorisées au Canada et sont tout à fait sécuritaires, mais les compagnies veulent éviter des problèmes d’échanges commerciaux avec d’autres pays. »

À l’échelle mondiale, Monsanto a été le plus grand promoteur de l’utilisation de semences génétiquement modifiées dans l’agriculture. Ses semences « Roundup Ready » de fèves de soja et de graines de canola, conçues pour résister au puissant herbicide Roundup de la même compagnie, sont les graines transgéniques les répandues aux États-Unis et au Canada.

En fin d’année dernière, la découverte de traces de maïs transgénique de la variété Starlink dans des produits alimentaires a causé un rappel massif de tacos et d’autres aliments aux États-Unis et au Japon.

L’usage alimentaire de Starlink, créé par Aventis CropScience, n’a toujours pas été approuvé. La compagnie attend les résultats de tests qui vérifieront si son produit peut causer des réactions allergiques chez certaines personnes.

Le rappel du Starlink a coûté des millions de dollars à Aventis, a nui aux exportations américaines de maïs et continue de perturber le commerce mondial de maïs.

Les opposants aux aliments génétiquement modifiés ont aussi utilisé les déboires de Starlink pour mousser la demande des consommateurs pour des tests supplémentaires et promouvoir la ségrégation et l’étiquettage des semences et autres produits transgéniques.

Monsanto a précisé que les tests de qualité sur les graines de canola ont permis d’identifier des traces d’une variété plus récente, GT-200, dans les lots de la version commerciale normale, GT-73. Les deux semences sont « virtuellememt identiques » mais la version GT-200 n’a pas encore été autorisée par tous les pays où le produit canadien est exporté.

« Le manque de normes globales uniformes pour la qualité des semences signifie que même des traces d’un produit autorisé au Canada peut créer des problèmes d’exportation pour les fermiers », a déclaré dans un communiqué le vice-président de Monsanto, Kerry Preete.

L’ensemencement printanier du canola vient de commencer au Canada, et les agriculteurs prévoient ensemencer 9,27 millions d’acres de canola cette année, a indiqué mardi Statistique Canada. L’agence fédérale n’a toutefois pas précisé la quantité de canola transgénique qui sera ensemencée.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Aventis CropScience

http://www.ca.cropscience.aventis.com/

Monsanto

http://www.monsanto.com/

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